Aventures féminines dans le Nord de l’Ardèche.

Cette fois, c’est proche de Valence que l’on vous propose une virée. Dans les vallées de l’Eyrieux et du Doux. Vallées réputées pour leur activité foisonnante tant culturelle qu’industrielle. La vie y semble si agréable. Nous y avons rencontré deux projets singuliers qui ont donné un ton féminin à ce territoire. Des femmes qui se bougent en milieu rural !

Des femmes à la campagne, des femmes à la montagne ?

Les femmes entreprennent, les femmes mettent en place des projets qui fonctionnent, les femmes tiennent la barque, les femmes s’entraident. Si notre société ne nous donne que très peu d’exemples de femmes en ce sens, en milieu rural, ce constat n’est que plus amer. Les femmes aussi ont de bonnes idées, sont capables de gérer un projet et le prouvent. Il nous semble alors très important d’en parler à notre échelle et de faire connaître quelques exemples pour que cette vision change, pour que toujours plus de femmes qui le veulent ne reculent pas devant leur envie d’entreprendre et de créer.

Loin des clichés des femmes « au foyer », pendant que les hommes travaillent la terre, nous avons rencontré un milieu rural très actif. Un territoire où l’activité fourmille, où les programmations culturelles sont chargées et de qualité, où la volonté de vivre avec plus de solidarité et de lien entre les habitants résonne… C’est d’ailleurs cette envie qui est à l’origine du groupe des « Odette & Co ». Des femmes installées en Ardèche depuis plus ou moins longtemps se sont réunies pour s’entraider d’abord autour de la notion de travail. Mutualisant leurs réseaux, leurs compétences et leurs expériences, elles ont permis au fil du temps à de nombreuses femmes de trouver un emploi sur le territoire. Chacune a apporté au groupe son histoire et a partagé ses savoirs. Ensemble, elles ont permis de rompre l’isolement de la vie en milieu rural pour démontrer que trouver un emploi est possible, rencontrer du monde est possible et faire vivre un projet commun est aussi possible.

« Nous faisons tout cela avec un amateurisme sérieux », Céline.

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Aujourd’hui fort de cette expérience, le groupe continue à faire vivre les projets professionnels de chacune, à mettre en avant les initiatives individuelles ou collectives de ces femmes actives. Et après huit années déjà, les « Odette » – comme elles s’appellent entre elles – ont créé une vraie solidarité dans le groupe. Chacune raconte avec grand enthousiasme le plaisir qu’elle prend à venir aux réunions hebdomadaires, ou lors des différents événements organisés. Nous avons d’ailleurs de suite capté cette énergie et cette complicité : un sentiment de bienveillance et le rire communicatif de ce groupe de femmes nous ont enveloppé dès notre arrivée.

« La vie collective des « Odette » et les dynamiques qui se sont mises en place au fil du temps, c’est magique ! », Annie

A Lamastre, les « Odette » ont les idées qui bouillonnent pour préparer le retour du printemps. Et ce dynamisme se retrouve dans d’autres projets féminins, notamment celui de Pascale. Cette brune pétillante aux grands yeux, nomade dans l’âme, est pleine d’enthousiasme quand elle raconte les débuts de son aventure à bord de « Mokiroule ».

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Mokiroule, c’est son gros camion rouge et illustré par Magali Attiogbé (illustratrice) que vous avez peut-être croisé sur les routes, même les plus étroites d’Ardèche du Nord, et sur quelques unes de la Drôme. Elle aussi est une entrepreneuse courageuse. Elle transporte son activité partout où elle peut, ne comptant pas ses heures. Présente sur les différents salons ou festivals de la région, elle travaille également avec les CDI de collèges et lycées permettant aux élèves de choisir une partie des livres du CDI pour l’année, stationner devant les médiathèque ou sur des marchés le reste de la semaine, on la trouve facilement.

Le choix des mots ou les mots de choix

Ce qui relie également ces deux projets féminins est le mot. Mots écrits, ou mots parlés, ils sont un objet précieux. Pascale, l’a compris et les dévorent. Elle a décidé de le partager. Faire circuler la culture, la littérature et le mot, rencontrer les habitants, à travers l’Ardèche et la Drôme, c’est le pari qu’elle s’est lancé et qui fonctionne plutôt très bien depuis 2016. Ses clients sont fidèles aux rendez-vous, et se retrouvent au marché ou devant la médiathèque pour feuilleter les nouveautés du Mokiroule, tout autant que pour bavarder avec Pascale ou d’autres clients.

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Le Mokiroule a d’ailleurs sa renommée. La presse et les médias télévisés lui rendent régulièrement visite. Faut dire que Pascale ne recule pas devant les difficultés. Par toutes les météos, tous les jours de l’année, elle anime son projet et le fait vivre du mieux qu’elle peut.

« Certaines villes m’appellent pour que je fasse une halte avec le camion chez eux pendant ma tournée », Pascale

Dans son 10 tonnes aménagé en librairie, ça sent bon le livre ! Des livres de qualité, choisis avec soin par Pascale. Engagée, militante, laissant la place aux petites maisons d’édition, la sélection de 3000 ouvrages environ est beaucoup moins importante qu’en librairie ordinaire, mais non moins attrayante. De plus, le Mokiroule n’ayant pas de stock, les rayons sont renouvelés tout le temps. Vous pouvez y venir autant de fois que vous voulez, le choix ne sera pas deux fois le même. Et si vous avez des idées d’ouvrages, vous pouvez les suggérer à Pascale pour de prochains arrivages ou passer une commande rien que pour vous.

D’une autre manière, le mot est devenu un vecteur commun au sein des « Odette & Co ». Très rapidement après l’émergence de leur groupe, elles ont décidé de créer un magazine pour parler d’elles, et surtout relayer les initiatives de leur territoire. Interviews, reportages, témoignages, conseils, articles, composent le sommaire de leur magazine devenu aujourd’hui un « Pli » spécialisé sur une thématique à chaque édition. Aidées d’une graphiste et d’une photographe, l’ensemble du travail est collectif. Elles décident toutes ensemble du chemin de fer, de la rédaction, de la thématique, des titres, etc.

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Une façon encore de travailler en groupe et de partager ces moments de plaisir. Car le mot d’ordre chez les « Odette » est bien de se faire plaisir en donnant une place à chacune. Pour cela, elles ont assimilé la méthode québécoise de la démarche appréciative. Une approche, une façon de réfléchir, un état d’esprit qui pousse à oser, à être soi-même, à aborder les expériences positives avant le reste. Sonia Racine, consultante canadienne spécialisée dans l’approche appréciative a été un relais privilégié au sein des « Odette » pour mettre en place cette méthode de travail.

A travers le mot pour les deux élans féminins que nous avons rencontré, ou grâce à d’autres vecteurs, les femmes savent entreprendre et prendre la tête d’initiatives. Elles donnent même une touche singulière au milieu rural et savent ne faire cas des clichés qui les entourent.

Pour plus d’infos : 

Le Mokiroule

Odette & Co

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La Mainlèv’, une usine à idées !

Sur les routes, il y a des villages que l’on ne fait que traverser, que tout le monde ne fait que traverser. On y devine une vie de petit village, ses anciens et leurs habitudes, ses quelques commerces, ses couples de néo-ruraux fraîchement arrivés, bref, tout ce qui fait la vie d’un village. Dans le Gard, Arre en fait partie. Mais nous ignorons toujours l’Histoire de ces villages, ce qu’ils ont été, ce qu’il s’y est passé. Des aventures industrielles, paysannes, ou politiques ont parfois marqué ces territoires, sans crier gare à ceux le traversant aujourd’hui. Arre en fait également partie. Certains n’ont pas abandonné cette Histoire, et un sursaut citoyen tente d’en écrire une nouvelle page, sans oublier, ni glorifier, ni fermer les yeux sur le passé. Arre est encore de ceux-là.

Usine à vendre !

Depuis plus de trois siècles, Arre n’a jamais compté plus de 700 habitants. C’est un petit village, qui l’a toujours été. Petit, mais non moins actif ! Pendant plus de deux siècles, une industrie a constitué le poumon économique d’un territoire allant bien au-delà du village. Jusqu’à 1300 personnes au plus fort de l’activité ont travaillé dans les usines d’Arre. Fleuron d’une époque industrielle aujourd’hui révolue, ces usines fabriquaient entre autres les bas de la marque « Lys ». L’aventure familiale et régionale a pris fin en 2007, laissant alors l’usine vacante de toute vie et toute activité. Les 5000 m² au total sont laissés plus ou moins à l’abandon dans un premier temps, puis vendus aux enchères, avant que le nouvel acquéreur ne s’en débarrasse pour une bouchée de pain. 40 000 € plus tard, Martin et son associé sont propriétaires de l’ensemble des bâtiments. Ils étaient au bon endroit au bon moment, le bien leur appartient désormais !

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Après avoir vendu sans spéculation différentes parcelles, Martin se concentre avec Samantha sur l’occupation, la rénovation, et l’animation de la moitié du bâtiment principal, donnant sur la Route Nationale si passante. Le jeune couple fourmille d’idées sur ce que pourrait accueillir cet espace de 900 m². Ils se constituent alors en association, La Mainlèv’, afin d’enrichir à la fois la réflexion sur le projet, et la main d’œuvre pour rénover ce bâtiment qui était en train de tomber en ruines. Ce n’était pas une idée en l’air !

Un projet de territoire

Déjà des idées fusent dans la tête de Samantha, Martin et les premiers adhérents de l’association. Ils imaginent la fonction que pourraient prendre chaque partie du bâtiment : un espace jeune public qui pourrait se tourner vers l’éducation populaire et les arts manuels ; une cuisine collective de transformation de fruits et légumes issus de leur grand potager ou des producteurs voisins ; un hall d’expo ; un étage dédié au travail partagé ; des caves promises à de folles soirées musicales ; etc. Mais ce qui leur tient à cœur avant tout, c’est de faire de la Mainlev’, un lieu des possibles où chacun peut apprendre, apporter ses idées, découvrir la vie associative et collective, prendre des conseils, être accompagné dans son propre projet.

Le bâtiment veut être au service du territoire, permettant à chaque acteur local de s’en saisir, de participer à son évolution et mobiliser ses différents espaces. Arre qui a perdu récemment son dernier bar de village, pourrait alors retrouver cette vie locale grâce à la Mainlev’ où les habitants pourraient s’y retrouver, discuter, et participer à des moments communs… On peut aussi imaginer les écoles environnantes, en manque d’espaces de loisirs, passer des journées pédagogiques dans l’ancienne usine.

Cette volonté d’offrir au territoire un espace de partage prend une dimension symbolique dans la première action sur laquelle se penche la Mainlev’. En partenariat avec d’autres acteurs locaux, et accompagnés des anciens ouvriers de l’usine, ils préparent une exposition relatant l’Histoire de la famille Brun, des activités de l’usine quand elle fonctionnait encore et surtout de la vie de ses ouvriers. En mémoire du passé, la Mainlev’ travaille avec les habitants du village pour recueillir témoignages et photos de cette époque que chacun se fait un devoir de ne pas oublier.

Et q’ça bosse !

A cette heure, l’usine et ses murs défraîchis, ont besoin d’un bon coup de neuf. C’est évidemment en conservant l’esprit industriel et l’histoire des murs que les travaux ont commencé il y a trois ans environ. La Mainlev’ procède par étape. Mise aux normes, travaux dans les règles, respect des consignes de sécurité, sont autant de casse-têtes auxquels la Mainlev’ se frotte tous les étés en vue de la mise au norme ERP (Etablissement recevant du public) du bâtiment.

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C’est donc dans cette ambiance de chantier que Samantha et Martin racontent avec passion les plans du lieu et la future fonction de chaque espace. Le cœur à l’ouvrage et les yeux pétillants, on les suit sans difficulté et on croit à la suite de l’histoire de cette usine.

En hiver, c’est auprès du poêle que l’on discute de l’association et des projets qui l’animent. Mais on imagine facilement l’effervescence en plein été quand les chantiers participatifs battent leur plein, que disqueuse, marteaux et camion benne entrent en scène. Jeunes et moins jeunes, expérimentés ou novices venant des quatre coins du globe sont accueillis par l’association via les plateformes Twiza et Workaway. Dans la bonne humeur et l’esprit bosseur, les travaux avancent. Prochaine étape : le toit et sa charpente, ainsi que les finitions des premiers espaces.

Déjà salariée depuis 2016, Samantha s’épaule de personnes en service civique. La saison à venir, l’association accueillera deux volontaires qui auront en charge l’animation de la vie de groupe des chantiers participatifs, ainsi que l’organisation de quelques événements. Pas de quoi s’ennuyer pour les deux prochaines recrues ! A la fois innovante et profondément ancrée dans l’ère du temps, la Mainlèv’ constitue tant un défi pour ses instigateurs qu’un besoin pour son territoire.

 

Pour plus d’infos : http://lamainlev.org

ou https://www.facebook.com/lamainlev/https://www.facebook.com/lamainlev/

 

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Immersion au Garage Moderne, un garage associatif pas comme les autres !

Le budget alloué à la voiture dans les ménages français est en constante augmentation. Les garages associatifs en constituent une alternative en pleine mutation. Installé dans une imposante friche industrielle, véritable cathédrale d’une ère industrielle passée, le Garage Moderne est la mémoire vivante du passé ouvrier de Bacalan, un quartier en pleine mutation, en pleine rénovation. Non sans mal, le garage traverse les époques et les ambiances de ce quartier, dont il reste l’un des derniers témoins de ce passé si proche, et déjà si lointain.

Garage participatif, Kézako ?

Les garages associatifs sont également appelés garages solidaires, ou garages participatifs, mais ces trois dénominations ramènent à la même idée et à la même manière de faire.

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Comme dans toute association, pour se rendre dans ce genre de garages et pouvoir bénéficier de ses services, il faut d’abord adhérer à l’association et régler la cotisation annuelle. Généralement, pour ce genre de services, elle se situe autour de 50 euros.

Une fois adhérent, il est possible d’y réparer sa voiture avec tout le matériel d’un garage traditionnel, avec l’aide d’un mécanicien professionnel. Ce dernier sera présent à toutes les étapes (diagnostic de la panne puis réparation) pour aider, et faire avec. L’objectif sera alors d’apprendre pourquoi la panne est intervenue et comment la réparer. Changer un embrayage, ses disques et ses plaquettes de frein, ou simplement faire une vidange devient un jeu d’enfants ! 😊

On peut aussi faire réparer son véhicule, comme dans un garage classique. On laisse son véhicule et on le récupère plus tard en état de marche. A la différence qu’au vu de la forme associative du garage, les coûts en seront réduits, jusqu’à 40% moins chers.

Attention toutefois à ne pas les confondre avec les « Self garage ». Ces derniers proposent de louer les outils, l’espace, un pont si besoin, et laissent la personne réparer son véhicule seule. Aucune aide technique n’est proposée, et ces garages ne sont pas sous forme associative.

Solidaires à plus d’un titre !

Ces garages d’une nouvelle forme ont connu un essor au début des années 2000, et un développement croissant jusqu’au milieu des années 2010. La difficulté actuelle rencontrée par ces organisations est la même que toutes les autres entreprises d’insertion : la réduction des subventions publiques.

En effet, le volet « solidaire » de ces garages s’exprime à première vue par des tarifs permettant aux plus précaires d’y avoir accès, ainsi que par une volonté marquée de participer à l’insertion de publics précaires, éloignés de l’emploi et peu qualifiés. Les contrats d’insertion permettent donc d’employer ces publics plus facilement grâce à une aide financière de l’Etat.

Ainsi, le Garage Moderne a pu avoir jusqu’à 35 salariés à la fin des années 2000. Aujourd’hui, les subventions publiques sur ce genre de contrats s’amenuisant, leur modèle économique ne peut plus l’assumer et ils abandonnent cette optique d’insertion. Ils sont aujourd’hui toujours 8 salariés, en contrat de travail plus classique, en CDI. Il a tout de même reçu un soutien de poids, avec la commune de Bordeaux, qui s’est portée acquéreuse du bâtiment à la vente de ce dernier il y a quelques années. Ce signe de soutien de la commune a pu rassurer autant les habitants quant à la survie du lieu, que les banques et les administrateurs quant à sa viabilité économique. L’association bénéficie d’un bail emphytéotique de 12 ans avec un loyer modéré.

Au Garage Moderne : voitures et vélos, mais aussi bar, concerts, expos & Cie !

Le Garage Moderne est un de ces garages associatifs. « Poumon économique » du lieu, le garage pour voitures n’est pas la seule activité. Sur le même principe que les voitures, un garage à vélos prend également place. On peut y acheter un vélo d’occasion, réparer le sien, ou le faire réparer.

Mais ce n’est pas tout, l’imposante cathédrale industrielle dans laquelle est installé le Garage Moderne laisse la possibilité aux imaginaires les plus débordants de s’exprimer.

Les 15 mètres sous plafond et les quelques 2 500m² du bâtiment rendent ce lieu « unique, qui parle à l’imagination, la stimule, impressionne sans intimider, et donne chaque jour des preuves de sa capacité à accueillir les projets les plus divers et les plus inattendus ».

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Alors il n’y fait pas que de la réparation de vélos et de voitures, mais il y accueille également des artistes en résidence, des expositions, des concerts, des marchés des créateurs, des apéros concerts, des projections de films, etc. En somme, tout ce qui peut rassembler les habitants d’un quartier et se faire croiser ceux qui ne l’auraient pu ailleurs. Le bar et la partie restauration veilleront à ce que les convives ne manquent ni à boire ni à manger !

Bacalan, toute une histoire…

Le Garage Moderne a ouvert en 2003 en plein cœur du quartier de Bacalan. Anciens marécages, Bacalan se développe aux XIXe et XXe siècles au rythme des chantiers navals qui gagnent les bassins à flots, et de la Révolution Industrielle qui fait croitre les industries aux abords des ports grandissants. Ainsi, une population ouvrière vient s’installer peu à peu dans ce quartier Nord de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne.

Relativement éloigné géographiquement du centre-ville, ce quartier portuaire centralise autour de lui, bien malgré lui, toutes les peurs et les frustrations d’un monde urbain. « Pauvreté », « violence », « misère », « insalubrité », et autres « insécurité » vont devenir au fil du temps les qualificatifs récurrents des médias et des bordelais pour qualifier ce quartier excentré. Les associations de quartier et les habitants s’en défendent vertement mettant plutôt en avant la solidarité et la vraie vie de quartier s’y développant.

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Bacalan n’échappera pas au phénomène de gentrification (embourgeoisement soudain d’un quartier populaire, conjugué à une hausse importante du prix de l’immobilier) du quartier voisin. Ainsi, le début des années 2000 voit les premières friches industrielles être détruites, et peu à peu tout le patrimoine de cette époque et de cette histoire s’effondrer. Au milieu de ce grand chambardement, un bâtiment résiste, et s’érige par la force des choses en véritable institution du quartier. Lieu de fête et de rencontres, le Garage Moderne installé dans cet ancien atelier de constructions mécaniques est à la fois témoin de l’âme de ce quartier, et véritable catalyseur de cette nouvelle mixité.

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Ce rôle de témoin et de catalyseur prendra la forme, dans le courant de l’année 2018, d’une exposition murale retraçant toute l’histoire du quartier. Sa transformation allant bon train, la façade Ouest du Garage s’est retrouvée attenante à une petite place piétonne et arborée, donnant sur deux résidences neuves. En partenariat avec la Mairie et les associations du quartier comme l’Amicale Laïque les murs du Garage Moderne accueilleront une exposition permanente rappelant ainsi aux passants et habitants l’histoire du quartier et du lieu.

Pour les curieux, il est un outil en or pour apprendre auprès d’un professionnel. Pour les habitants de Bacalan, il est un repère où réparer sa voiture, rencontrer des gens du quartier, découvrir des artistes bordelais en tous genres, et militer pour une survie de l’âme qui a fait ce quartier. Et c’est pour toutes ces raisons que nous avons eu un vrai coup de cœur pour cet immense hangar atypique et ce décor unique !  

 

Pour en savoir plus : http://legaragemoderne.org/

https://www.facebook.com/LeGarageModerne/

 

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Ils réinventent le supermarché, plus humain et plus juste !

Supermarché auto-géré, Amap 2.0, nouveau modèle de consommation… Les supermarchés coopératifs prennent de l’ampleur dans les grandes villes françaises. Formule émergente dans l’esprit de certains d’entre nous depuis plusieurs années en France, elle se voit concrétisée par l’ouverture progressive de ces supermarchés aux quatre coins du pays. Tous ont fait le pari de rendre ses membres acteurs de leur consommation. C’est d’ailleurs ce qui fait battre le cœur de tous les coopérateurs de SuperCoop, installé à Bègles, dans la métropole bordelaise.

Faisons un bref voyage dans le passé…

Si on reconnaît aujourd’hui Park Slop Coop Food comme le modèle par excellence tant il a inspiré à travers le monde en traversant les années – il existe depuis 40 ans -, les premiers supermarchés de consommateurs sont apparus en Angleterre dès le milieu du 19ème siècle. La « Société des équitables pionniers de la Rochdale » située à Manchester rassemble dès 1844 des ouvriers qui jettent les bases de ce type de coopérative. Fondée sur la volonté d’obtenir des prix justes, de s’organiser en dehors des circuits de la grande distribution classique, en plus d’une répartition des bénéfices entre sociétaires et de principes démocratiques (une personne = une voix), elle fait parler d’elle et s’exporte à travers le globe.

Ainsi, à Paris, les coopératives de consommateurs connaissent leur apogée courant du 20ème siècle. Elles rassemblent 200 000 adhérents en 1880. Mais petit à petit, le système bat de l’aile et voit son activité s’essouffler. En 1908, Joseph Cernesson en détaille les raisons dans la Revue des Deux Mondes : organisation qui se dégrade, moins de choix, moins d’hygiène, moins de bénéfice. Toutes ferment les unes après les autres, aussi face à la propagation des hypermarchés et supermarchés dans le paysage.

Park Slop Coop Food, le nouveau modèle

C’est donc un renouveau qu’engage le Park Slop Coop Food à l’ouverture de ses portes en 1973, à New York. Il ajoute un volet participatif à ce modèle alternatif. Ici, chaque sociétaire donne la main à la patte et offre 3h de son temps par mois pour faire fonctionner la boutique et donc réduire les coûts de fonctionnement. Poursuivant les mêmes objectifs qu’à l’origine, s’ajoute une envie de solidarité, de partage et de relations humaines. Les coopérateurs de Park Slop Coop Food, parfois membres depuis des années, voire des dizaines d’années, expliquent qu’ils ne pourraient désormais plus envisager de faire leurs courses dans un autre commerce. Les relations sociales qui s’établissent mêlées à la qualité des produits disponibles à des prix accessibles expliquent ce ressenti singulier. D’ailleurs, forte de son succès, la coopérative regroupe plus de 16 000 membres, ne pouvant plus en accueillir de nouveaux pour le moment. C’est donc sur liste d’attente que les new-yorkais s’inscrivent.

Coup de projecteur en France

Ce modèle alternatif fait des émules et se propage encore une fois. En France, les supermarchés coopératifs fleurissent dans toutes les grandes villes depuis peu, certains ont ouvert leurs portes courant 2017, d’autres prévoient une ouverture pour 2018. Le site http://consocollaborative.com propose une carte de France de ces nouveaux lieux tels que : la Louve à Paris, la Cagette à Montpellier, Otsokop à Bayonne, La Chouette Coop à Toulouse, ou encore Scopéli à Nantes.

En Nouvelle-Aquitainte, Anne Monloubou est à l’initiative du projet de supermarché coopératif imaginé dès 2014. Elle est l’actuelle Présidente des « Amis de SuperCoop », l’association qui porte ce projet.

Objectif de SuperCoop : ouvrir un supermarché

Depuis 2017, l’épicerie du 1 place du 14 juillet s’anime tous les soirs de la semaine et le samedi à l’image d’une répétition générale, où les acteurs apprennent à jouer ensemble, à maîtriser de mieux en mieux leurs activités, à comprendre tous les enjeux, en vue de l’ouverture prochaine d’un local plus grand dans Bordeaux.

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Grâce à sa campagne de financement participatif, SuperCoop semble avoir trouvé le local qui lui convient après plusieurs mois de recherche et de collecte. Avec 400 m² de vente proche des quais et des rames de métro, SuperCoop prend de l’ampleur.

Mais c’est quoi être un coopérateur ?

Un coopérateur est une personne qui peut faire ses courses dans le supermarché coopératif parce qu’il a pris part au développement de celui-ci en participant :

– au financement : par l’achat de dix parts à 10€, soit un investissement de 100€ à vie. Les personnes bénéficiant de minimas sociaux peuvent n’acheter qu’une seule part pour 10€.

– au fonctionnement : en donnant 3h par mois aux côtés des deux salariés de SuperCoop.

– à la gouvernance en partant du principe que chacun est utile, que chacun peut éclairer le groupe de ses compétences et en développer de nouvelles.

Attirer de nouveaux coopérateurs

Pour accroître le capital et permettre au groupe de ne pas s’essouffler, il faut gonfler les rangs ! Faire entrer dans la ronde de nouveaux membres. Il en faut 1200 pour une viabilité totale du projet et poursuivre les objectifs. Aujourd’hui, SuperCoop compte 400 coopérateurs qui font vivre le projet et l’épicerie.

Mais comment on s’organise à 400 ?

En apprenant le nombre de coopérateurs et que la liste n’avait pas atteint son maximum, la première question qui vient est celle de l’organisation de la gouvernance. Venus de tous les horizons professionnels et sociaux, les coopérateurs s’organisent dans des groupes. Fondé sur le système de l’Holacratie (voir article sur Kacalou), chaque groupe fonctionne en autonomie sur sa thématique : achat, ressources humaines, communication, comptabilité, etc. et les représentants de ces groupes se réunissent régulièrement en comité de pilotage pour exposer leur avancée et leur travail. L’épicerie de Bègle devient alors un parfait outil d’apprentissage avant l’ouverture prochaine d’une plus grande surface.

Trouver le prix juste

L’un des objectifs poursuivis par les supermarchés coopératifs, depuis leurs origines, est de proposer des produits aux prix justes et bas. Pour fixer un prix juste, un travail de collaboration relie producteurs et coopérateurs. C’est rémunérer les producteurs selon le coût réel des produits. C’est ne jamais tirer les prix vers le bas, comme on sait être un sport répandu dans la grande distribution.

Et dans la pratique :

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* Les prix sont moins chers de 20 à 40 % que dans les magasins spécialisés

Acheter des produits de choix

Sur le modèle du circuit-court, SuperCoop se fait une règle d’or de proposer des produits bio, locaux et étiques. Entendez par éthique, que les membres de la coopérative sont très attentifs à la provenance des produits et à leur production. Ils essaient, dès que leurs disponibilités le leur permettent, de se rendre dans les fermes et autres lieux de production. Sur place, ils veillent à la qualité du produit dans sa chaîne de fabrication et sont également attentifs au bien-être des salariés qui y travaillent.

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Dans cet esprit, les membres de la coopérative souhaitent que l’offre qui leur est faite respecte également le coût écologique. Parce que l’intérêt du produit local, c’est aussi réduire les distances physiques entre les producteurs et les consommateurs. Alors le groupe achat et les producteurs réfléchissent ensemble à une organisation qui optimise les trajets de ces derniers. Ils établissent, dès que cela est possible, un planning pour que le jour de dépôt des produits corresponde à leur tournée des autres lieux de vente dans le secteur géographique.

Et si on discutait en plus d’acheter ?

Consommer autrement, c’est donc consommer sainement avec le souci de la qualité des produits, en plus d’être dans une dynamique sociale différente de celle que l’on connaît dans les grandes surfaces où l’on se croise sans se voir, ni se parler…

En ce sens, SuperCoop, vous l’aurez compris, n’est pas qu’un simple espace de vente, il permet aussi les rencontres. C’est comme ça, qu’un salon de thé (Le Buro des possibles) est né d’une rencontre entre deux membres de l’épicerie, ou que des amitiés ont vu le jour. Une belle aventure que les coopérateurs racontent avec délice. Comblés par le projet, ils aiment en parler et le partager.

Si vous avez des questions supplémentaires, si vous êtes intéressés par le projet, si vous voulez devenir coopérateurs à votre tour, les adhérents de SuperCoop animent des réunions publiques toutes les semaines dans la métropole. Les dates sont à retrouver sur leur site internet. 

 

Pour plus d’infos : http://supercoop.fr/

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Ricochet Sonore, pour que les notes s’échappent de la partition !

« Vous pouvez même arracher les fauteuils si vous voulez, on a l’autorisation, allez-y ! » lance Pierre (déjà il a un prénom de caillou et il fonde Ricochet Sonore, le mec semble avoir de l’humour !) après avoir annoncé le lancement de Yo Voy Ganao de Systema Solar. Arrivés un peu en retard et installés au balcon, on se penche pour observer l’auditoire qui semblait avoir ri de la boutade. Surprise, que des cheveux blancs. L’auditorium Jacques Brel de la bibliothèque Mériadeck n’est pas plein, mais une petite trentaine de bordelaises et bordelais se sont déplacés en ce mardi matin pour cet « Explora’Son » qu’anime Pierre. Sur le mode d’une conférence (mais conférence décontractée), nous voyageons à travers la Colombie et ses musiques, ses styles, son histoire, ses régions, et les blagues de Pierre.

Trois mecs, deux nanas, et un café.

Nous découvrons ou redécouvrons Nidia Gongora, Toto la Momposina, Systema Solar, Rodolfo y su tipica, etc. Pendant deux heures, Pierre nous parle en ayant l’air d’être aussi à l’aise sur des groupes traditionnels des années 30, leur histoire et leur ADN musical, que sur Quantic, des musiques électro plus modernes ayant repris l’essence des musiques traditionnelles colombiennes. Pourtant, il nous dira plus tard que cet exercice n’est pas son préféré, et que c’était une première. Car s’il y avait autant de cheveux blancs dans la salle, c’est que l’animation était commandée par le Pôle Séniors de la ville de Bordeaux. Les « Mardis de la musique » réunissent un professionnel du secteur musical, un style qu’il connait, et un public de personnes âgées bordelaises. Et on dirait qu’après trois ans d’existence, Ricochet Sonore commence à jouir d’une certaine renommée et d’une certaine reconnaissance puisque c’est le service communal qui est venu démarcher l’association pour l’animation d’un de ces mardis.

L’auditoire a semblé intéressé, et même conquis, mais revenons plus en arrière pour comprendre ce qu’est Ricochet Sonore, qui sont Pierre, Arnaud, Léo, et Cyrielle, et ce qu’un café fait au milieu de tout ça…

Au détour d’une discussion, Pierre nous raconte qu’« en fait, Ricochet Sonore ce n’est pas seulement le début de quelque chose, c’est surtout un aboutissement. » Parce que comme chez les bouddhistes, sans le savoir, l’association a eu plusieurs vies avant de revêtir cette apparence et de porter ce nom. En premier, elle fut un rêve de gosses, de copains de lycée qui après un voyage en Allemagne pour un festival dont ils ont découvert la recette outre-Rhin, décident de faire pareil, chez eux dans leur campagne girondine. Ce n’était pas une idée en l’air ! (Première !) Et ça marche ! La petite bande se démène, travaille d’arrache-pied pour proposer en milieu rural un festival de musiques actuelles. Une des dernières années, le Festival des Confluences voit 5000 personnes se presser pour venir voir jouer des artistes à la renommée de plus en plus importante comme Chinese Man ou Les Wampas. Mais l’expérience ne comble pas ses fondateurs et le festival met la clé sous la porte quelques années plus tard.

Les projets musicaux persos… Les aventures professionnelles de chacun… Les cheminements personnels… La vie suit son cours. Nos copains de lycée ne se perdent pas de vue, et sans le savoir encore ils préparent la réincarnation des Confluences…

Les projets musicaux et professionnels de chacun évoluent, et tendent à se recroiser petit à petit autour de concerts en appartement qu’ils organisent dans Bordeaux, chez des particuliers. Parallèlement, ils réalisent que l’activité qu’ils sont en train de développer et l’expertise qu’ils sont en train de se forger aussi bien dans le domaine musical et culturel, que dans le domaine de l’animation et de l’éducation populaire formeraient un mariage d’amour idéal, qui leur permettrait peut-être de redonner un sens à leurs pratiques professionnelles.  Ce n’était pas une idée en l’air ! (Deuxième !)

Il y a des jours où on sent qu’on tient une bonne idée, on sent qu’on a une idée à développer, une idée qui nous intéresse, il faut qu’on la travaille ! Pierre et Arnaud ont mesuré cet instant de gravité, ont laissé les bières au frigo, et ont commandé un café. A la fin de l’après-midi, ils posent sur papier ce qui mijotait dans leurs esprits depuis quelques temps, et c’est parti ! Ils peuvent, savent, et veulent faire des animations musicales en tout genre (Quiz, DJ Set, Explora’Sons, etc.), des concerts en appartement, et des ateliers de pratique musicale (découverte ou initiations collectives). Ils voulaient mettre de la musique partout, de la musique pour tous… Yalla !

Un an plus tard, ils en étaient tous les deux salariés, et encore un an plus tard ils embauchaient Léo en stage, maintenant en CAE. Léo, c’est le jeune sorti des études qui ne connait pas encore le projet, et qui va pouvoir lui insuffler une énergie nouvelle, lui donner une nouvelle dimension. Trois salariés, ça bosse énormément. Mais forts de leurs expériences associatives passées, le volet bénévolat et l’investissement citoyen leur semblait manquer au projet de Ricochet Sonore. Ainsi, Leslie en 2016 puis Cyrielle en 2017 ont été embauchées en service civique afin de développer un réseau de bénévoles, le coordonner, l’animer, et tenter de le rendre pérenne.

Avec trois mecs, deux nanas et un café, on a Ricochet Sonore !

Musique partout, musique pour tous.

Ce petit groupe de bénévoles se constitue petit à petit. Composé pour parts d’anciens des  Confluences, de copains, de connaissances du milieu culturel et musical bordelais, de curieux et de passionnés, il a été décidé conjointement que ce groupe se chargerait de l’organisation des concerts en appartement. Pour l’association, l’organisation de ces événements n’est pas rentable financièrement. Fondé sur le principe de la participation libre des spectateurs, « les recettes arrivent juste à payer convenablement les musiciens, mais pas plus ». Véritable pierre angulaire du projet à sa création, mais ne permettant pas d’en tirer un revenu, les concerts en appartement ont trouvé une formule qui satisfait toutes les parties prenantes : des fondateurs ravis que l’activité perdure et que les bénévoles s’en saisissent, aux participants enchantés de l’expérience et de l’intimité avec les artistes, jusqu’à ces derniers pour la singularité de la proposition.

Parallèlement, Ricochet Sonore dispose d’une palette d’actions assez large et assez adaptable selon les demandes et les interlocuteurs, mais à la condition que l’activité rentre dans le cadre de leur crédo « Musique partout, musique pour tous » : amener la musique partout là où elle n’est pas, auprès d’une diversité de public la plus large possible.

Outre les concerts en appartements gérés par l’équipe de bénévoles, l’association peut se charger d’animations musicales telles que des quiz, des DJ Set participatifs, des captations sonores, des explora’sons, etc. Ces formules peuvent avoir lieu tant avec des bailleurs sociaux pour des animations en pied d’immeuble, qu’avec des centres de loisirs pour une demi-journée thématique, des bibliothèques, etc. Parce qu’on ne fait pas que l’écouter, la pratique musicale est aussi au programme : des ateliers de découverte et des initiations collectives permettent aux participants de toucher les instruments, d’émettre des sons, et de se les approprier. Et enfin, un diagnostic musical peut être réalisé sur un territoire dans le cadre d’un aménagement urbain ou rural, via des animations musicales ou le lancement de dynamiques collectives.

Un projet résonne un petit peu plus par son histoire et son contenu. Il est l’un des premiers projets à avoir été lancés par l’association, il y a maintenant près de trois ans. A l’ouverture d’une résidence logement social intergénérationnelle aux Bassins à flot, un quartier en développement de Bordeaux, Pierre et Arnaud apprennent qu’au sein du bâtiment, trois salles communes ont été prévues pour de la pratique musicale. Après trois mois d’entretiens avec les habitants de la résidence et l’établissement d’un diagnostic sur la relation des habitants avec le monde de la musique, les deux compères écrivent un projet qu’ils soumettent au bailleur.

« En fait tout ce que l’on fait, on le teste là-bas dans un premier temps » Arnaud

Le projet prévoit un concert sur place tous les deux mois, ainsi qu’un atelier musical tous les mercredi soirs, dans cette même salle. A l’approche ou suite à un concert, les musiciens sont invités à venir participer et/ou animer l’un de ces ateliers afin de créer un lien, une intimité avec les spectateurs que l’on ne retrouve pas lors d’un concert plus classique. Le reste du temps, les « Dis moi c’que t’écoutes », « La roue de la musique » ou La « Valise musicale » animent les mercredis soirs de la rue Marcel Pagnol.

« Ce n’est pas qu’on a la tête dans le guidon, c’est qu’on se regarde pédaler »

On retrouve Leslie, Cyrielle, Pierre, Arnaud et Léo quelques jours plus tard dans un bar du quartier Saint-Michel. Pierre nous explique à propos de Ricochet Sonore que « l’important, ce n’est pas la destination, c’est le voyage en lui-même ». Mais ne retrouvant plus la célèbre phrase de Robert Louis Stevenson, il improvise et nous dit « c’est pas qu’on a la tête dans le guidon, c’est qu’on se regarde pédaler. » Comme ça de but en blanc, cette phrase peut paraître loufoque…

Alors que n’ayant palpé l’ambiance et l’essence de l’association que depuis quelques jours, nous comprenons le message : le principal, ce n’est pas le résultat, mais le processus pour y arriver. Le principal n’est pas de faire deviner une chanson, diffuser de la musique, jouer en appart’ ou faire découvrir tel ou tel style à tel ou tel public. L’essentiel se trouve dans le processus : la musique devient un support d’échange, de partage, et d’ouverture. Si ne serait-ce que l’un des participants de la conférence a retenu le nom de Toto la Momposina pour acheter un CD ou l’écouter à la maison, tant mieux. Mais le défi sera d’autant plus gagné d’une part si ce mardi matin a pu être l’occasion pour des personnes d’avoir une discussion et d’échanger avec quelqu’un d’autre, et d’autre part si l’événement a facilité une ouverture ou une curiosité sur la culture latine de manière générale chez l’un des participants.

Ainsi, la musique est vue dans cette initiative comme un moyen pour faire se rencontrer les gens, qu’ils discutent, échangent, s’ouvrent, et se rassemblent : tout ce qu’on aime chez C’est pas des idées en l’air !

Véritablement ancré sur son territoire, Ricochet Sonore est une ressource rare en termes de valorisation de la culture locale. La diversité de la scène musicale bordelaise y est mise à l’honneur, promue, et valorisée ! D’ailleurs, « Valoriser les ressources locales » est quasiment devenu un slogan tant dans le monde alternatif que chez les politiques. Concept un peu fourre-tout, mais non moins essentiel dans la dynamique d’une ville ou d’une région, il promeut souvent l’artisanat, l’agriculture, le patrimoine ou la gastronomie. En apprenant à connaitre de telles initiatives, nous sommes convaincus que la musique fait partie intégrante de ces ressources qui donnent une richesse, une âme, et du caractère à un territoire. Musique maestro !  

 

Plus d’infos : http://www.ricochetsonore.fr/

Kacalou, comme à la maison !

Accueillis auprès de la chaleur du poêle à bois sous les six petits degrés d’un mois de novembre corrézien, l’accueil ne pouvait pas être plus chaleureux. Un thé bien chaud et quelques discussions plus tard, nous imaginions déjà la mise en place d’une monnaie sociale révolutionnaire dans notre rapport au temps et à l’argent… Wowowow ! C’est quoi cette énergie dans ce lieu ?? En Occitan, Kacalou répond au doux sobriquet de noix, et cette « maison conviviale » portée par Corinne et Kim lui va à merveille !

Une programmation libre et participative

Au cœur de Beaulieu sur Dordogne, dans une petite rue reliant les deux places principales du village, à savoir la place de la mairie et la place du marché, Kacalou est ouvert tous les mercredis et les vendredis de 10h à 22h. Au programme ? Des concerts, des conférences, des ateliers divers, des spectacles, des rencontres, et des projections de films et de documentaires…

Nous, nous étions là pour la projection du film de Robert Coudray « J’demande pas la lune, juste quelques étoiles ». Une trentaine de personnes était réunie ce soir-là pour voir le film de ce poète ferrailleur qui a auto-réalisé son long-métrage en totale indépendance. Nos copains de Side Ways sont allés le rencontrer, allez jeter un œil à leur web série en cliquant ici !

Ce soir-là, nous rencontrions quelques bénévoles, et la chaleur humaine en plus de la chaleur du poêle nous faisait oublier les températures quasi hivernales. Avec Cyril, nous discutons des enfants non scolarisés faisant l’école à la maison, avec Thomas de l’émergence porteuse d’espoir de ce genre d’initiatives et de lieux, et les autres de Robert Coudray et ses incroyables constructions.

Comme à chaque soirée, la participation financière est libre. C’est une règle d’or ici, les artistes viennent jouer au chapeau. Les jus de pomme, la bière, le vin, et le café sont aussi à prix libre et conscient, laissant la possibilité aux personnes de payer ce qu’ils peuvent, et la responsabilité de payer un prix qu’ils estiment « juste » pour le spectacle auquel ils ont assisté, ou pour la boisson qu’ils ont bu.

« Ce qui me tient vraiment à cœur, c’est d’arriver à valoriser, et à laisser s’exprimer le talent de chacun » Corinne

Pour Kacalou, la participation libre est à double sens. Les spectateurs paient librement leur spectacle, et toute personne peut également venir proposer d’animer un spectacle ou un atelier, avec ses compétences. Pour Corinne, l’ancienne enseignante, laisser la place et la possibilité à chacun d’exprimer et de développer son talent ou ses envies est primordial ! De cette manière, parallèlement à une programmation culturelle riche et variée, récemment un jeune du village se lançant dans le Human Beatbox (faire de la musique en imitant des instruments uniquement avec sa bouche) a par exemple pu s’exercer en live le temps d’une soirée devant un public, et repartir avec le petit pécule laissé par les spectateurs.

Participation libre donc, mais aussi sur scène. Véritable essence de Kacalou à sa naissance et dans son fonctionnement, ce n’était pas une idée en l’air !

Attention, chantier en cours !

La participation libre s’étend même jusqu’au chantier de rénovation de la maison Kacalou. Acquise en 2014, la maison n’était franchement pas en capacité d’accueillir du public. Ni les murs ni la toiture n’étaient en état, abandonnés depuis une vingtaine d’années. Alors Kim s’est emparé du chantier, avec tous les volontaires désireux de voir s’ouvrir une maison conviviale au cœur de Beaulieu sur Dordogne. Les chantiers participatifs s’enchaînent, les dons de matériel et d’équipements dépassent les espérances jusqu’à permettre de rénover le rez-de-chaussée pour y accueillir le bar, ainsi qu’une grande salle pour les spectacles ou les réunions.

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Mais la maison compte encore deux étages supplémentaires. En cours de rénovation déjà bien avancée, le premier étage accueillera un restaurant associatif, tandis que le deuxième aménagé en mezzanine se profile plus comme un atelier afin de stocker les matériaux et outils utiles à la rénovation du lieu et à ses travaux courants.

A cet égard, la maison Kacalou incarne à merveille l’immense champ des possibles, en comptant uniquement sur la solidarité de ses membres, et des habitants d’un territoire désireux d’y trouver un coin chaud, chaleureux, et participatif… à l’image d’une coquille de noix, quoi !

En route pour une nouvelle gouvernance…

Le weekend précédant notre venue, dix membres actifs de Kacalou, et désireux de le rester, avaient participé à un séminaire dont l’objectif était de mettre en place un nouveau système de gouvernance, afin de mieux se répartir les tâches et les rôles entre tous les bénévoles. Corinne et Kim étaient à l’initiative de cette maison conviviale, et en étaient les bénévoles les plus investis. La majeure partie des décisions était donc prise par eux, et les responsabilités assumées par eux. Seulement, cette organisation ne correspondait pas du tout à leur idéal de gouvernance pour un lieu comme celui-ci. Durant ce séminaire, ils ont alors opté pour l’holacratie… L’hola quoi ?

L’holacratie est un système d’organisation de la gouvernance permettant la pleine valorisation de l’intelligence collective, des potentiels et des capacités de chacun, de stimuler la motivation de tous à prendre part au projet et d’y apporter sa contribution. C’est la complémentarité des savoirs, des compétences et des initiatives qui s’occupera de faire lien, et de tirer l’organisation vers le haut.

Assez parlé. Concrètement, l’organisme est structuré en cercles inter dépendants et auto organisés. A Kacalou, nous retrouvons un cercle Animation, un cercle Communication, un cercle Argent, un cercle Humain, un cercle Maison, et un cercle Réseau. Chaque cercle s’occupera donc de son domaine de compétences, et en aura la pleine responsabilité. Chaque cercle décide de la cadence de ses réunions, et de leur fonctionnement. De cette manière, les personnes investies disposent d’une vision claire de leur champ d’action, tout en ayant une grande liberté en son sein. Pour l’exemple de Kacalou, une réunion de gouvernance se tient chaque semaine afin de centraliser les infos et les avancées de chaque cercle, les mettre en lien, et les accorder. Tous les membres des différents cercles participent à cette réunion.

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Kacalou en est pour l’heure à la phase de test de ce type d’organisation. Elle le modèlera certainement à sa sauce, l’adaptera selon ses envies, mais c’est aussi une manière pour les membres qui y participent d’apprendre à travailler en groupe autrement, en permettant à tous à la fois de s’exprimer librement, et à la fois de compter et de s’appuyer sur ses partenaires.

De Kacalou, nous retiendrons la chaleur du poêle, la convivialité de ses membres, le charme de la bâtisse, l’inventivité et l’envie d’une gouvernance la plus riche possible, mais nous retiendrons également cette phrase de Foiz lors d’une discussion en réunion de gouvernance sur la fermeture, ou non, de Kacalou le temps de l’hiver : « Je ne veux pas que Kacalou ferme, alors je serai là. » Ce sont précisément ce genre d’idées et de phrases qui donnent une force aux projets que nous vous donnons à voir, qui les font vivre, et qui nous donnent un espoir immense dans nos capacités à nous rassembler.

Le Fabuleux Destin, café spectacle à la p’tite semaine !

Un café culturel qui programme Amnesty International le jeudi soir, des courts métrages liés au thème de l’exil le vendredi soir, et un concert le samedi soir, il ne nous en fallait pas plus pour nous motiver à prendre la route direction Aubusson ! On ne savait pas exactement ce qui nous attendait…

En haut de la petite montée du quartier Saint-Jean, il est un lieu qui donne vie aux mots, qui les laisse vivre, divaguer, et s’entremêler… Un lieu qui laisse libre cours aux idées créatives, à l’initiative et à la participation populaire. Au Fabuleux Destin, on a le beau bar et la bonne bière du bar traditionnel, la convivialité et la chaleur d’un bar associatif, et cet esprit poétique, ailé et presque romanesque… du « Fabuleux », comme les habitués aiment à l’appeler.

 

Faites entrer les artistes…

Revenons aux débuts. On a Daniel, personnage haut en couleur, un ch’ti au parcours aussi riche que tumultueux qui vient s’installer en Creuse. Daniel, il a baigné dans le monde du théâtre subventionné, du théâtre itinérant indépendant, des écoles de théâtre, de la musique, des écoles de musique, etc. et il est encore en contact avec certains anciens étudiants, comédiens ou musiciens pour la plupart. Avec David et Olivier, ils créent une maison d’éditions, Sans sucre ajouté. De la simple édition d’ouvrages, les trois comparses décident de proposer à leurs auteurs de venir tester leurs textes, à voix haute, devant un public. Bistrot de quartier en déclin, mais séduit par l’idée, le Fabuleux Destin accueille alors ces soirées de lecture, puis à l’occasion une troupe de théâtre, des vieux copains de Daniel qui cherchent un lieu où rôder leur dernière création.

Mais le bistrot ne marche plus, et va devoir fermer ses portes… Un de plus, me direz-vous. Un quartier de plus sans commerce, obligeant ses habitants à se déplacer en centre-ville pour trouver un peu de vie sociale. Eh non. Opposée à la fermeture du bar, la propriétaire négocie et un accord est trouvé avec Sans sucre ajouté pour créer un bar associatif où auteurs, comédiens, et musiciens pourraient prendre place. Ce n’était pas une idée en l’air ! Ne pouvant assumer seuls un tel chantier, ils lancent un appel aux associations du coin, et c’est à près de 40 qu’ils se lancent tous ensemble dans cette aventure courant de l’année 2012.

« On n’a jamais eu de projet, c’est une aventure ! Déjà cinq ans de fonctionnement, c’est un miracle ! » Daniel, bénévole.

… Et que l’aventure commence !

Déjà en rentrant dans le café, on sent, on perçoit une ambiance. Le présentoir à l’entrée vous propose des journaux locaux et indépendants, des cartes postales de décoration plus originales les unes que les autres, ou encore quelques autocollants militants. Le bar tout de suite sur la gauche propose tartines de fromage, et soupe ou salade selon la saison à prix libre. Accompagnés d’une bière locale, d’un verre de vin bio, ou d’un sirop de violette, restez au bar à discuter avec la joyeuse équipe de bénévoles, ou installez-vous juste derrière dans la bibliothèque. Celle-ci d’une richesse et d’une diversité rare, prenez le temps d’apprécier la souplesse du canapé, ou quelques pages des auteurs les plus classiques aux plus révolutionnaires.

L’esprit embué après une bière et quelques livres feuilletés, la partie « salle de spectacle » est prête à jouer sa partition.

Lors de notre première venue le jeudi soir, il y avait Marie au Violoncelle pour accompagner Arnaud et Daniel sur des lectures de textes traitant, de près ou de loin, de l’exil et des droits de l’Homme de Stefan Zweig, Prévert, Hugo, ou Bernanos. La soirée était sous le signe d’Amnesty International. Cinq bénévoles de la section creusoise étaient présents pour nous présenter de courts ou moyens métrages sur leurs actions. Le lendemain, des courts métrages sur le thème de l’exil ont nourri les discussions, tandis que samedi soir c’était une clarinette et une batterie qui animaient la scène pour un concert de musique improvisée.

Tous les jeudi, vendredi et samedi soir le café ouvre ses portes pour proposer une programmation « à la p’tite semaine ». Le programme est établi au trimestre. Et chaque trimestre, il y a des invariables. On retrouve par exemple tous les mois la projection d’un documentaire, une exposition, un club jazz, une après-midi goûter pour les enfants, et une réunion informative animée par Stop Mines. En plus, viennent donc se glisser des pièces de théâtre, des concerts, des débats, etc.

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Bar de quartier pour certains, café philosophique pour d’autres, ou encore café spectacle, ce lieu se décline au gré des envies de chacun. D’ailleurs, nous retrouvons également une scène ouverte tous les mois, « Le Sac à Malices », où chacun peut venir s’exprimer, chanter, dire un texte, …

Ils sont aujourd’hui entre 15 et 20 bénévoles pour assurer la vie du lieu, qu’il s’agisse du service au bar, du ménage hebdomadaire, de la programmation, de la comptabilité, de l’accueil des artistes, des petits travaux réguliers, etc.

Au Fabuleux Destin on retrouve donc une bande de passionnés et d’amis, autant que l’on peut découvrir des artistes de toute la France. Toujours à prix libre !

Le Chapeau, une institution du Fabuleux Destin !

Ici, chacun sait que la participation de tous fait le fonctionnement du lieu.

L’association n’assure jamais de cachet aux artistes qui viennent : ils viennent jouer au chapeau, ou ne viennent pas. Ne touchant aucun financement public par choix, la rétribution des artistes se fait selon ce que veut, et ce que peut le spectateur. Mais l’équipe de bénévoles veille à rappeler à chaque début de spectacle la singularité financière du bar et à sensibiliser sur l’importance de leur participation au chapeau. A la fin du spectacle, le beau chapeau clignote fièrement, on ne peut pas le louper ! Mais Daniel nous l’assure, ce n’est pas le chapeau qui freine les artistes dans leur majorité, parce qu’ils savent qu’ils trouveront en ce lieu une qualité d’écoute extraordinaire de la part des spectateurs, habitués du lieu ou non. Ainsi, le service n’est pas assuré au bar durant le spectacle, et un écrito sur la porte d’entrée indique « Spectacle en cours, entrez discrètement ».

Pour le reste, seules les boissons ont un prix fixe. Alors les petits prix du bar font recette, pendant que les grignotages à base de pain et de fromage, et la soupe ou la salade selon la saison sont à prix libre. Chacun met ce qu’il veut, ou ce qu’il peut, dans la petite caisse du comptoir.

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Et la communauté de communes à laquelle appartient Aubusson étant la plus endettée de France, ce choix d’autofinancement s’est peut-être avéré être le plus judicieux et le plus stable financièrement. Un choix payant qui permet au Fabuleux de poursuivre son aventure sur les mêmes rails, sans changement, que la collectivité territoriale se relève ou non. Toutes les initiatives de ce type sur le territoire n’ayant pas fait le choix de l’autofinancement, ils se voient amputés pour certains d’entre eux d’une part conséquente de leur budget, allant même jusqu’à requestionner sérieusement la viabilité et la poursuite de leur projet.

Merci à Marie, Alex, Fanny, Denis, Daniel, et les autres bénévoles pour leur accueil. Il est de ces lieux qui offrent une perspective culturelle et une singularité à un territoire qui serait impossible sans cette force bénévole. La vie culturelle des jeudi, vendredi, et samedi soir à Aubusson n’aurait sans doute pas le même ton et la même mélodie sans la savoureuse note du Fabuleux Destin.