Itinérant ou dans un ancien vidéoclub, la Lozère modernise le cinéma associatif

Nous sommes en Lozère côté Cévennes, c’est-à-dire plutôt au sud du département. Ça sent bon la châtaigne et les champignons, au bord des rivières et en forêts, ou en hauteur sur les grands causses. Dans ce décor préservé, deux associations font vivre leur passion pour le bonheur de publics curieux. Voisines, cousines et copines, elles ont un territoire rural en partage et le cinéma en passion depuis bien des années. Cinéco d’abord transporte le cinéma dans beaucoup de villages du cœur des Cévennes, La Nouvelle Dimension ensuite a redonné vie à un vidéo-club à Florac et propose animations et festivals toute l’année.

Cinéco en a déroulé de la bobine !

Cinéco fait voyager le cinéma d’un village à l’autre. Les films se déplacent dans les anciennes salles de cinéma, en plein air l’été, dans les salle des fêtes ou même dans la cantine de l’école. Les bénévoles et les salariés de l’association se chargent des projections, de la programmation à la vente des billets jusqu’à l’installation du matériel. Et c’est une activité qui plaît beaucoup sur le territoire puisque pas moins de 80 personnes offrent de leur temps libre bénévolement, aux côtés des sept salariés de Cinéco, pour faire vivre l’association et apporter le cinéma dans plus de 60 communes.

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« C’est une sacrée organisation pour les salariés et les bénévoles. S’assurer que le matériel soit disponible, qu’il y ait des bénévoles pour chaque séance sans salarié, que les bande-annonces et le court-métrage d’avant séance soient prêts, etc. Mais on adore ce métier ! » nous raconte Stéphane, salarié de Cinéco.

Avant chaque film, un court-métrage en lien avec la thématique du film fait office d’ouverture de la projection. On a eu la chance de voir le monologue d’une maman à une petit garçon dans « Dinosaure » qui traite de l’enfance et des valeurs inculquées avec humour et distance, avant de nous plonger dans l’univers atypique d’un Institut Médico-Educatif « Dans la Terrible Jungle ».

Cinéco est donc un cinéma itinérant et l’a toujours été depuis… 37 ans ! Un très bel âge pour une association culturelle. Alors il faut dire que l’association en a vécu des bouleversements liés à l’histoire du cinéma.

Lorsque Cinéco est né, le numérique n’existait pas encore. A cette époque, on utilisait le « 16 mm », un format qui doit son nom à la largeur des bobines de pellicules utilisées à partir des années 1920. Ensuite, le temps a été celui des pellicules « 35 mm ». Et là, le nombre de bobines par films était en quantité limitée. Elles étaient livrées en priorité aux grandes salles de cinéma. Les petits cinémas et les cinémas itinérants se partageaient donc le stock restant. Puis, au fil du temps, le nombre de pellicules a diminué pour laisser place au format numérique uniquement. Alors à ce moment-là, les cinémas itinérants ne reçoivent plus de « 35 mm » et n’ont pas les moyens de changer leur matériel pour projeter en numérique. Pas de plan B !

Une période de doute s’installe et Cinéco se demande s’il va être possible de poursuivre son activité. Mais c’était sans compter sur une équipe déterminée et poussée par l’enthousiasme de son public fidèle. Quelques rendez-vous et plusieurs heures de discussion plus tard, l’« Association Nationale des Cinémas Itinérants » (ANCI) émerge pour porter aux institutions une voix commune. L’association parle des difficultés qui mettent en péril l’accès au cinéma dans les milieux ruraux et donc sur une zone très étendue compte tenu du nombre de communes que couvrent les cinémas itinérants de France : 1 200 ! L’association entame des négociations avec le « Centre Nationale du Cinéma et de l’Image Animée » (CNC) qui trouve rapidement une solution convaincu du bénéfice de telles activités sur le territoire national. Le CNC aide alors financièrement les cinémas itinérants et dont Cinéco à moderniser son matériel et à accueillir le format numérique avec succès. L’aventure continue !

Aujourd’hui, Cinéco diffuse exclusivement des films numériques, ce qui demande quand même une bonne part d’organisation car pour acquérir les films, il faut suivre tout un protocole les protégeant par des clés, des mots de passe et autres méthodes techniques et secrètes. Affaire de gros sous et lobbies, le cinéma n’échappe pas aux règles de l’industrie. Ce sont les grandes salles qui bénéficient de l’exclusivité, faisant patienter les cinémas itinérants et leurs publics. Cinéco s’est d’ailleurs adapter à recevoir les films cinq semaines après leur sortie officielle dans les grandes salles, et s’en est fait un atout en prenant le temps de sélectionner finement sa programmation.

Ce sont les bénévoles qui établissent la programmation pour les trois prochains mois. Elle est décidée de manière collective par les bénévoles présents et selon une méthode qui fonctionne depuis 10 ans après moultes essais et expérimentations de prise de décision collective. En sort une programmation variée et actuelle, privilégiant les films qui apportent une réflexion ou qui témoignent d’une qualité. Faire réfléchir via un beau et agréable support, c’est un des pouvoirs du cinéma !

Les super pouvoirs du cinéma

Le cinéma a ces pouvoirs de poser question, d’informer et de divertir. La programmation de Cinéco les met bien en avant et veut en faire profiter le plus grand nombre : les habitants des villages, on l’aura compris, mais pas que.

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Cinéco intervient dans les établissements scolaires de la région. 150 séances sont organisées en écoles et collèges. Dans le cadre d’un dispositif régional, Cinéco fait entrer le cinéma parmi les activités « d’éducation artistiques et culturelles » auprès des jeunes publics.

Dans cette même perspective de développement de ses propositions, Cinéco intervient en milieu carcéral comme c’est le cas à la Maison d’Arrêt de Mende. Une façon d’apporter du divertissement, d’accéder à un cinéma de qualité et de réfléchir sur certaines thématiques, comme c’était le cas le jour de notre rencontre avec Stéphane et Vincent qui revenaient de leur intervention, où ils avaient projeté « Les Invisibles », une histoire de solidarité et de femmes, projetée dans une Maison d’Arrêt pour hommes.

 

Depuis la naissance de Cinéco, l’association a développé ses activités, pour un accès toujours plus important auprès du public et parce que le cinéma a aussi le pouvoir de réunir, de faire se rencontrer les gens et de partager un moment privilégié. En 37 ans, les membres de l’association ont été témoins des changements ruraux dont on parle de plus en plus, de la disparition de lieux symboliques de rencontre tels que les bars et de la transformation des habitudes individuelles.

Le cinéma, dernière lumière dans la ville

En milieu rural, on parle beaucoup de ces changements, des commerces qui se raréfient, des bars qui ferment tôt dans la soirée ou qui mettent la clé sous la porte. Certains villages trouvent des solutions et créent de nouveaux espaces tels que des bars associatifs, des commerces gérés collectivement, des salons de thé-librairie, des lieux où les activités se croisent et les publics se mêlent. La Lozère est un de ces territoires ruraux, il est même le département le moins peuplé de France. Alors le cinéma a un rôle plus important qu’on ne le pense.

« C’est souvent le dernier endroit, ouvert au public, éclairé le soir dans la ville », témoigne Vincent, directeur de Cinéco.

Les soirées cinéma sont donc l’occasion de se retrouver, de voir ses voisins, de se donner rendez-vous autour d’un moment agréable et de détente. Vincent est certain de cette place centrale des salles de cinéma dans les bourgs et encourage ceux-ci à prendre conscience de ce rôle et à étoffer leurs propositions vers plus de rencontres et de convivialité : un cinéma qui fait bar en même temps, avant et après la séance, ou bien restaurant, ou bien salle de spectacle…

S’il y a un exemple local de lieu qui mêle cinéma et rencontres, c’est bien La Nouvelle Dimension, à Florac. Il s’agit d’une association singulière en la matière. Pour connaître son histoire, il faut remonter dans nos propres souvenirs d’enfance.

Qu’ont bien pu devenir les vidéos-clubs de notre enfance ?

Vous vous souvenez de ces étagères remplies de VHS, de cette virée en début de soirée pour choisir le film à regarder entre amis ou de ce rideau qui cachait un espace réservé aux adultes ?

Florac aussi avait son vidéo-club. Et comme partout, il a cessé de fonctionner il y a quelques années. Sauf qu’ici, il a eu un second souffle.

Guillaume, un passionné, un amoureux du cinéma et de ses supports devenus DVD, a décidé de poursuivre l’aventure. Lui qui tenait ce vidéo-club a conservé le stock et a été l’un des initiateurs de l’association La Nouvelle Dimension en 2015.

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Guillaume a été rejoint par des nostalgiques tout aussi passionnés que lui par les supports du cinéma car ce sont des bénévoles qui font vivre l’association aux côtés des salariés. Les 150 adhérents peuvent emprunter ces DVD grâce à leur abonnement annuel. L’association est également très connue localement pour son accent canadien lors de leur événement annuel phare : le festival de cinéma franco-québécois « 48 images par seconde ».

Tout au long de l’année, l’équipe accompagne le public dans sa cinéphilie, à travers des ateliers d’éducation à l’image où l’on découvre les métiers du cinéma, où l’on s’attarde sur une thématique particulière, etc. Elle tisse des partenariats locaux quand les idées se rejoignent autour de projets captivants. Un lâché de vautours prochainement sur le causse ? L’opportunité de se pencher sur cet oiseau avec le Parc Naturel des Cévennes et de programmer ensemble une soirée thématique. Un pont à quelques encablures qui fut central lors de tournages passés ? Plus qu’à le mettre à l’honneur lors d’une rando-ciné aux Journées du Patrimoine. Des habitants amateurs qui tournent des courts-métrages dans les Cévennes ? La date anniversaire de La Nouvelle Dimension est l’occasion de les diffuser sur grand écran devant un public curieux.

Le contexte cinématographique et culturel dans son ensemble est en pleine évolution. A l’heure des places de cinéma trop chères dans les gros complexes, d’un essor du cinéma indépendant, de l’accès à la culture foisonnant mais en grande difficulté financière, d’un besoin sociétal criant de se réunir et d’échanger, du domaine de l’art qui n’échappe pas à la financiarisation sauvage, ces deux associations participent d’un élan qui sera assurément à soutenir dans les prochaines années.

Pour en savoir plus :

Cinéco, cinéma itinérant en Cévennes

La Nouvelle Dimension, à Florac

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Toulouse par l’image

Raconter. Voilà ce que pourrait être le maître mot en commun des trois associations Toulousaines « Un Oeil sur ma ville », « Les Vidéophages » et « Les bobines sauvages ». Ils racontent. Ils racontent des histoires, parfois l’Histoire, des fictions, des souvenirs, des vies, des quartiers, des récits. Chacun avec leur support et leur spécificité, ils participent de la construction d’une mémoire collective des quartiers oubliés ou mal connus de la ville rose, en même temps qu’ils les mettent en vie et en lumière.

De la Reynerie…

Bienvenue au Mirail, plus précisément à la Reynerie. Comme tout bon quartier populaire qui se respecte en France, pour y entrer vous venez de passer de l’autre côté du périphérique. Prêts pour la visite, vous êtes entre les mains d’Ibrahim Reziga. Notre hôte est en ce moment même le seul salarié de l’association « Les Bobines Sauvages ». En instance de recrutement, ils sont en temps normal entre trois et quatre. Plus les personnes en services civiques. Plus les stagiaires. Plus les bénévoles. C’est simple, à peine quinze minutes après notre arrivée dans les locaux de l’association, nous avons déjà rencontré un dizaine de jeunes occupés à ranger, discuter ou préparer le tournage de cet après midi.

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Quelque chose nous dit que nous ne sommes pas les premiers visiteurs. D’un simple coup d’œil et d’un « présente-toi » d’Ibrahim, Amine nous explique du tac au tac qu’il est membre du CA de l’association, bénévole, qu’il y a déjà tourné deux courts métrages en son nom, et qu’un troisième est en préparation. A la présentation limpide d’un autre jeune, Ibrahim rétorque « Oh tu l’as appris par cœur ton discours ? » « Nan j’te jure, tout en impro, frère ! ». Ils se présenteront petit à petit tous à nous comme s’ils étaient rompus à l’exercice, ou comme si leur travail face caméra les avait aidé à être particulièrement à l’aise à l’oral.

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Tous ces jeunes habitent Le Mirail, ce quartier chargé d’histoire sociale et architecturale. Ça, nous l’apprenons avec Ludo de l’association « Un Oeil sur ma ville ». Historien de formation, il nous raconte l’histoire de Georges Candilis, l’architecte de ces grands ensembles. Héritier de Le Corbusier, Candilis avait imaginé la configuration et l’agencement du quartier de telle manière que ses habitants s’y croisent le plus possible. Voisins d’un même immeuble, voisins d’immeuble, piétons, usagers des transports en commun ou de sa voiture individuelle, les chemins quotidiens de chacun devaient pouvoir croiser ceux de ses voisins indifféremment des différents styles de vie. Le tout en laissant la part belle aux zones piétonnes et commerçantes.

…Au centre-ville…

Et si Ludo peut si bien nous parler de ce quartier et de son Histoire, c’est que l’association, et particulièrement Anissa, y a mené des ateliers de discussion, de mémoire et de recherche avec ses habitants. Tant les archives municipales que les souvenirs des habitants ont ainsi enrichi la création d’« un parcours de balade mettant en valeur son patrimoine et ses histoires ». Différents supports éparpillés dans tout le quartier permettent ainsi de prendre connaissance tant de ses petites histoires que de son Histoire. Se réapproprier son quartier, l’image de son quartier, être acteur de son territoire, la valorisation de son espace de vie sont autant de valeurs et de concepts que l’association toulousaine partage, sur des formats différents, avec d’autres exemples que nous avons rencontré : Nabuchodonosor à Béziers, Alliance Citoyenne à Grenoble, ou encore Bouche à Oreille à Metz.

Parce que la ville est à notre image, elle vit, elle bouge, elle évolue, Ludo, Audrey, Tomas, Pierre, et tous les autres bénévoles travaillent à mettre en avant ses mutations et ses évolutions que chaque ville connaît à travers le temps. Parce que par ses évolutions, nous pouvons lire et découvrir l’identité de la ville. C’est donc par différents supports tous aussi originaux les uns que les autres que cette jeune association tente de rendre compte de ces transformations de manière ludique. Anaïs et Alice viennent d’ailleurs de créer une chasse au trésor dans différents quartiers de la ville.

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Une de leurs premières actions a été l’installation au cœur de la « Prairie des Filtres » d’un grand panneau transparent du paysage tel qu’elle était autrefois. En trouvant le bon angle, nous pouvons alors superposer la vision actuelle et l’ancienne. En un coup d’œil, nous identifions l’émergence d’un espace vert ou d’un immeuble, la pérennité de l’église, la rénovation (ou bétonisation) des quais de la Garonne, etc.

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Ces jeunes Toulousains ne se cantonnent pas à la Haute-Garonne et sa préfecture. Depuis le cœur des Cévennes, à Arre, l’association de « La Mainlèv » a entendu parler d’ « Un œil sur ma ville » et a fait appel à eux. Alors en pleine rénovation d’une immense usine de textile abandonnée, l’association compte inclure pleinement l’histoire de ce lieu dans sa nouvelle vie, à savoir une fabrique à initiatives, un lieu de mutualisation d’espaces et de moyens pour les acteurs du territoire. Les deux associations ont alors conjointement menés des ateliers d’expression auprès des anciens salariés de l’usine afin de recueillir leurs souvenirs et leur vision du lieu. Une exposition avec photos et témoignages est en préparation pour occuper les murs du hall d’accueil de ce bâtiment.

A la Reynerie aussi, l’association « Bobines Sauvages » tente de dépasser son environnement toulousain. Les courts métrages qu’ils produisent et réalisent sont régulièrement envoyés à des festivals partout en France. Car ce qui importe pour Ibrahim, chargé du Pôle Cinéma, c’est habituer les adhérents aux circuits, au langage et aux habitudes professionnelles. Il fait quotidiennement cet effort d’inscrire les jeunes dans un environnement professionnel afin de leur donner les armes adéquates pour l’avenir.

« Si demain par hasard, un jeune rencontre un réalisateur, je veux qu’ils puissent parler la même langue et se comprendre. ». Ibrahim poursuit : « Il faut que les jeunes se servent de l’association pour apprendre des choses. Et que l’association se serve des jeunes pour exister, se développer, s’enrichir et être prête à accueillir les générations suivantes ! C’est gagnant gagnant, les jeunes se servent de l’association et l’association se sert des jeunes. »

Sur Toulouse, les jeunes réalisateurs de Haute-Garonne et d’ailleurs disposent d’un espace de diffusion et d’expression non négligeable. Tous les premiers lundis du mois à l’Abbaye de la Sainte Dynamo, l’association « Les Vidéophages » organise une soirée dédiée aux jeunes réalisateurs.

…Toulouse se raconte par l’image !

Symbole du foisonnement culturel toulousain, l’association « Les Vidéophages » œuvre depuis 20 ans à la promotion du format court qui peine à trouver sa place ailleurs que dans les festivals qui lui sont dédiés. Alors c’est dans des bars, des bus ou des prisons qu’ils amènent ce format peu diffusé en France. Seule salariée de l’association, Delphine nous raconte que lors de leur festival annuel « Faites de l’image », ils élargissent leur proposition à l’audio, aux installations insolites, etc. Rendez-vous les 5 et 6 juillet prochain, à Toulouse. Sans cesse à la recherche d’un nouveau public, ils s’attachent à changer de quartier chaque année.

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S’ils ont choisi un élan pour symbole, ce n’est pas pour rien ! « Allons de l’élan » est leur devise et ils le prouvent largement par la diversité de leurs propositions (Ciné-Tambouille, Vidéo-bus, soirées mensuelles, itinérance en Occitanie, les ateliers avec les enfants, Driv’in, etc etc etc!).

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A travers leurs aventures propres, ces trois-là nous racontent plus qu’une histoire. Ils nous expliquent comment une passion peut s’exprimer en collectif et à quel point nous faisons les choses avec sens et sérieux quand elles nous parlent et nous font vibrer.

Pour en savoir plus :

Les Bobines Sauvages 

Un Oeil sur ma Ville

Les Vidéophages

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