Toulouse par l’image

Raconter. Voilà ce que pourrait être le maître mot en commun des trois associations Toulousaines « Un Oeil sur ma ville », « Les Vidéophages » et « Les bobines sauvages ». Ils racontent. Ils racontent des histoires, parfois l’Histoire, des fictions, des souvenirs, des vies, des quartiers, des récits. Chacun avec leur support et leur spécificité, ils participent de la construction d’une mémoire collective des quartiers oubliés ou mal connus de la ville rose, en même temps qu’ils les mettent en vie et en lumière.

De la Reynerie…

Bienvenue au Mirail, plus précisément à la Reynerie. Comme tout bon quartier populaire qui se respecte en France, pour y entrer vous venez de passer de l’autre côté du périphérique. Prêts pour la visite, vous êtes entre les mains d’Ibrahim Reziga. Notre hôte est en ce moment même le seul salarié de l’association « Les Bobines Sauvages ». En instance de recrutement, ils sont en temps normal entre trois et quatre. Plus les personnes en services civiques. Plus les stagiaires. Plus les bénévoles. C’est simple, à peine quinze minutes après notre arrivée dans les locaux de l’association, nous avons déjà rencontré un dizaine de jeunes occupés à ranger, discuter ou préparer le tournage de cet après midi.

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Quelque chose nous dit que nous ne sommes pas les premiers visiteurs. D’un simple coup d’œil et d’un « présente-toi » d’Ibrahim, Amine nous explique du tac au tac qu’il est membre du CA de l’association, bénévole, qu’il y a déjà tourné deux courts métrages en son nom, et qu’un troisième est en préparation. A la présentation limpide d’un autre jeune, Ibrahim rétorque « Oh tu l’as appris par cœur ton discours ? » « Nan j’te jure, tout en impro, frère ! ». Ils se présenteront petit à petit tous à nous comme s’ils étaient rompus à l’exercice, ou comme si leur travail face caméra les avait aidé à être particulièrement à l’aise à l’oral.

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Tous ces jeunes habitent Le Mirail, ce quartier chargé d’histoire sociale et architecturale. Ça, nous l’apprenons avec Ludo de l’association « Un Oeil sur ma ville ». Historien de formation, il nous raconte l’histoire de Georges Candilis, l’architecte de ces grands ensembles. Héritier de Le Corbusier, Candilis avait imaginé la configuration et l’agencement du quartier de telle manière que ses habitants s’y croisent le plus possible. Voisins d’un même immeuble, voisins d’immeuble, piétons, usagers des transports en commun ou de sa voiture individuelle, les chemins quotidiens de chacun devaient pouvoir croiser ceux de ses voisins indifféremment des différents styles de vie. Le tout en laissant la part belle aux zones piétonnes et commerçantes.

…Au centre-ville…

Et si Ludo peut si bien nous parler de ce quartier et de son Histoire, c’est que l’association, et particulièrement Anissa, y a mené des ateliers de discussion, de mémoire et de recherche avec ses habitants. Tant les archives municipales que les souvenirs des habitants ont ainsi enrichi la création d’« un parcours de balade mettant en valeur son patrimoine et ses histoires ». Différents supports éparpillés dans tout le quartier permettent ainsi de prendre connaissance tant de ses petites histoires que de son Histoire. Se réapproprier son quartier, l’image de son quartier, être acteur de son territoire, la valorisation de son espace de vie sont autant de valeurs et de concepts que l’association toulousaine partage, sur des formats différents, avec d’autres exemples que nous avons rencontré : Nabuchodonosor à Béziers, Alliance Citoyenne à Grenoble, ou encore Bouche à Oreille à Metz.

Parce que la ville est à notre image, elle vit, elle bouge, elle évolue, Ludo, Audrey, Tomas, Pierre, et tous les autres bénévoles travaillent à mettre en avant ses mutations et ses évolutions que chaque ville connaît à travers le temps. Parce que par ses évolutions, nous pouvons lire et découvrir l’identité de la ville. C’est donc par différents supports tous aussi originaux les uns que les autres que cette jeune association tente de rendre compte de ces transformations de manière ludique. Anaïs et Alice viennent d’ailleurs de créer une chasse au trésor dans différents quartiers de la ville.

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Une de leurs premières actions a été l’installation au cœur de la « Prairie des Filtres » d’un grand panneau transparent du paysage tel qu’elle était autrefois. En trouvant le bon angle, nous pouvons alors superposer la vision actuelle et l’ancienne. En un coup d’œil, nous identifions l’émergence d’un espace vert ou d’un immeuble, la pérennité de l’église, la rénovation (ou bétonisation) des quais de la Garonne, etc.

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Ces jeunes Toulousains ne se cantonnent pas à la Haute-Garonne et sa préfecture. Depuis le cœur des Cévennes, à Arre, l’association de « La Mainlèv » a entendu parler d’ « Un œil sur ma ville » et a fait appel à eux. Alors en pleine rénovation d’une immense usine de textile abandonnée, l’association compte inclure pleinement l’histoire de ce lieu dans sa nouvelle vie, à savoir une fabrique à initiatives, un lieu de mutualisation d’espaces et de moyens pour les acteurs du territoire. Les deux associations ont alors conjointement menés des ateliers d’expression auprès des anciens salariés de l’usine afin de recueillir leurs souvenirs et leur vision du lieu. Une exposition avec photos et témoignages est en préparation pour occuper les murs du hall d’accueil de ce bâtiment.

A la Reynerie aussi, l’association « Bobines Sauvages » tente de dépasser son environnement toulousain. Les courts métrages qu’ils produisent et réalisent sont régulièrement envoyés à des festivals partout en France. Car ce qui importe pour Ibrahim, chargé du Pôle Cinéma, c’est habituer les adhérents aux circuits, au langage et aux habitudes professionnelles. Il fait quotidiennement cet effort d’inscrire les jeunes dans un environnement professionnel afin de leur donner les armes adéquates pour l’avenir.

« Si demain par hasard, un jeune rencontre un réalisateur, je veux qu’ils puissent parler la même langue et se comprendre. ». Ibrahim poursuit : « Il faut que les jeunes se servent de l’association pour apprendre des choses. Et que l’association se serve des jeunes pour exister, se développer, s’enrichir et être prête à accueillir les générations suivantes ! C’est gagnant gagnant, les jeunes se servent de l’association et l’association se sert des jeunes. »

Sur Toulouse, les jeunes réalisateurs de Haute-Garonne et d’ailleurs disposent d’un espace de diffusion et d’expression non négligeable. Tous les premiers lundis du mois à l’Abbaye de la Sainte Dynamo, l’association « Les Vidéophages » organise une soirée dédiée aux jeunes réalisateurs.

…Toulouse se raconte par l’image !

Symbole du foisonnement culturel toulousain, l’association « Les Vidéophages » œuvre depuis 20 ans à la promotion du format court qui peine à trouver sa place ailleurs que dans les festivals qui lui sont dédiés. Alors c’est dans des bars, des bus ou des prisons qu’ils amènent ce format peu diffusé en France. Seule salariée de l’association, Delphine nous raconte que lors de leur festival annuel « Faites de l’image », ils élargissent leur proposition à l’audio, aux installations insolites, etc. Rendez-vous les 5 et 6 juillet prochain, à Toulouse. Sans cesse à la recherche d’un nouveau public, ils s’attachent à changer de quartier chaque année.

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S’ils ont choisi un élan pour symbole, ce n’est pas pour rien ! « Allons de l’élan » est leur devise et ils le prouvent largement par la diversité de leurs propositions (Ciné-Tambouille, Vidéo-bus, soirées mensuelles, itinérance en Occitanie, les ateliers avec les enfants, Driv’in, etc etc etc!).

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A travers leurs aventures propres, ces trois-là nous racontent plus qu’une histoire. Ils nous expliquent comment une passion peut s’exprimer en collectif et à quel point nous faisons les choses avec sens et sérieux quand elles nous parlent et nous font vibrer.

Pour en savoir plus :

Les Bobines Sauvages 

Un Oeil sur ma Ville

Les Vidéophages

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Radio Pikez, hauts-parleurs d’une vie brestoise.

Le quartier Saint-Martin, c’est comme un village dans la ville. Un quartier vivant, militant, historique, au cœur de Brest. C’est un quartier qui a une âme, qui a quelque chose à raconter, sur Radio Pikez ou au détour d’une rencontre. Nous y avons passé quelques jours au mois d’avril. Voici ce qu’on a découvert…

Lundi matin, l’émission « La Midinale » sur Radio Pikez va commencer. Deux heures de direct. On parle agenda culturel, actualités et rencontres. On entre dans le studio, c’est-à-dire dans le salon d’un appartement. Autour de la table et des micros, Cat, Pierre et Thomas accueillent les invités et expliquent rapidement les différentes parties de l’émission. L’ambiance est décontractée. On se sent comme chez les copains. Installés dans le canapé, on a le temps de reprendre notre souffle, après avoir couru dans les rues pour rejoindre le groupe. Ce sont les étudiants de l’AG de lutte qui interviendront en premier. Ils annoncent les prochains rendez-vous et les dernières infos sur l’occupation de l’université de Brest. Pause musicale. Il n’est pas loin de 12h, c’est à nous de prendre place, de visser les casques sur nos oreilles, de régler les micros et de partager notre expérience sur les routes de France. On raconte notre aventure. Radio Pikez, c’est ça, une webradio qui invite les gens à parler, à causer ensemble. Brestois(es) ou gens de passage, la parole est libre.

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Ici personne ne joue l’expert, tout le monde se forme à la radio au fil du temps. Et puis ce sont les expériences de chacun et leur opinion qui enrichissent le débat. L’objectif est clair : donner la parole au plus grand nombre. Faire vivre la vie locale, apprendre des expériences de chacun, partager des savoirs, s’amuser et donner à entendre des émissions que l’on ne retrouve pas sur les radios traditionnelles. A Radio Pikez, on parle d’amour, de mots, de jeux, d’actualités… à travers des émissions en direct qui ponctuent la playlist éclectique en continu toute la journée. Comme son nom l’évoque en breton, son ton impertinent, drôle et chipie, à l’image de cette pie masquée, font sa particularité.

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Ce jour-là, Pierre s’exprime sur les dégradations survenues la nuit même sur le local de campagne de la République en Marche installé depuis peu dans le quartier. Ou plutôt sur le tweet du député qui s’offusque de tant de violence à l’encontre du parti. Qui du tag en rose sur un local de campagne ou de la loi asile-immigration incarne la plus grande violence ? Et plus largement, qui d’une cabane construite dans un champ aux abords de Nantes ou de 11 000 grenades lacrymogènes tirées en quatre jours incarne la plus grande violence ?

Arrêt sur Image, Lundi matin ou encore Ouest Torch sont cités ce matin-là, comme références d’une information libre, indépendante, impertinente, drôle, …

Parties d’une idée entre copains, la webradio et l’association ne cessent d’accueillir de nouveaux « Pikez » (comme ils aiment à s’appeler) depuis trois ans déjà. Tous bénévoles, les Pikez sont autant actifs dans la programmation musicale, dans les propositions d’émissions, que dans l’organisation d’événements ponctuels. Ce média libre revendique son indépendance en fonctionnant sans subvention ni publicité. L’activité repose sur l’autofinancement, à partir de dons et de recettes lors de différents événements, notamment leur kermesse tant attendue au mois de septembre. De plus, c’est en toute transparence qu’ils s’organisent. Des comptes rendus de réunions aux supports audio, on peut tout retrouver sur leur site internet en libre accès.

En résumé, une bande de copains qui s’agrandit, une webradio, un ton décalé et chaleureux, une énergie communicative, Radio Pikez a toute sa place dans ce quartier si singulier de Brest.

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Mardi soir, au Mouton à cinq pattes, Place Guérin, place centrale du quartier Saint-Martin. On s’est donné rendez-vous là avec une partie de l’équipe Pikez. On s’installe, on commande à boire et les discussions s’enchaînent. On refait le monde et on croise du monde. Les habitants du quartier aiment se retrouver dans ce café culturel et solidaire ! Et puis, faut dire que la bière locale est bonne, les produits sont frais et bio, l’ambiance est conviviale et la programmation du tonnerre. Tout le monde a l’air de se connaître, et si ce n’est pas le cas, on vous cause facilement. Nous étions donc en train de bavarder, quand la pluie nous a fait nous installer à l’intérieur où les clients se sont groupés. On ne perd pas le fil, on parle éducation populaire, monde du travail, vie associative… Cat nous raconte l’histoire de Saint-Martin et la vie de quartier qui le rend unique dans la ville. Alors forcément, on vient à parler de la salle de L’Avenir, en face de nous.

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Cette salle emblématique de la Place Guérin est devenue le symbole d’une réappropriation de nos espaces face aux projets inutiles et non concertés des dirigeants. La municipalité veut en faire une voie de gentrification à travers la construction de nouveaux logements par exemple, pensant mieux connaître les besoins et les attentes de la population sans même lui demander son avis. A cela, les habitants répondent par une occupation culturelle, artistiques, populaire et massive de cet espace ancré dans le paysage depuis 1898. Depuis deux ans, le collectif « Pas d’Avenir sans Avenir » propose des activités, ouvre les portes à d’autres collectifs, et poursuit l’occupation de cet espace détruit par la mairie entre temps. Festivals, jardinage, projections, concerts, repas… animent le lieu ouvert à toutes et tous.

Les actions, collectifs, lieux et associations que nous mettons en avant chaque jour mériteraient tous une Radio Pikez sur leur territoire ! Quand nos classes sociales n’ont pas la main sur les médias traditionnels, elles en fabriquent d’autres pour se donner la parole, et s’offrir cet espace de dialogue et de diffusion. Radio Pikez est donc un haut parleur vivant de la vie festive et militante de Brest, au cœur du quartier Saint-Martin. Connectez-vous et laissez-vous emporter !

 

Pour en savoir plus :

Radio Pikez : http://www.pikez.space/

Le Mouton à cinq pattes : https://www.lemouton5pattes.fr/

« Pas d’Avenir sans Avenir », à lire un article pour connaître l’histoire en détail : https://brest.mediaslibres.org/spip.php?article866

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Immersion au Garage Moderne, un garage associatif pas comme les autres !

Le budget alloué à la voiture dans les ménages français est en constante augmentation. Les garages associatifs en constituent une alternative en pleine mutation. Installé dans une imposante friche industrielle, véritable cathédrale d’une ère industrielle passée, le Garage Moderne est la mémoire vivante du passé ouvrier de Bacalan, un quartier en pleine mutation, en pleine rénovation. Non sans mal, le garage traverse les époques et les ambiances de ce quartier, dont il reste l’un des derniers témoins de ce passé si proche, et déjà si lointain.

Garage participatif, Kézako ?

Les garages associatifs sont également appelés garages solidaires, ou garages participatifs, mais ces trois dénominations ramènent à la même idée et à la même manière de faire.

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Comme dans toute association, pour se rendre dans ce genre de garages et pouvoir bénéficier de ses services, il faut d’abord adhérer à l’association et régler la cotisation annuelle. Généralement, pour ce genre de services, elle se situe autour de 50 euros.

Une fois adhérent, il est possible d’y réparer sa voiture avec tout le matériel d’un garage traditionnel, avec l’aide d’un mécanicien professionnel. Ce dernier sera présent à toutes les étapes (diagnostic de la panne puis réparation) pour aider, et faire avec. L’objectif sera alors d’apprendre pourquoi la panne est intervenue et comment la réparer. Changer un embrayage, ses disques et ses plaquettes de frein, ou simplement faire une vidange devient un jeu d’enfants ! 😊

On peut aussi faire réparer son véhicule, comme dans un garage classique. On laisse son véhicule et on le récupère plus tard en état de marche. A la différence qu’au vu de la forme associative du garage, les coûts en seront réduits, jusqu’à 40% moins chers.

Attention toutefois à ne pas les confondre avec les « Self garage ». Ces derniers proposent de louer les outils, l’espace, un pont si besoin, et laissent la personne réparer son véhicule seule. Aucune aide technique n’est proposée, et ces garages ne sont pas sous forme associative.

Solidaires à plus d’un titre !

Ces garages d’une nouvelle forme ont connu un essor au début des années 2000, et un développement croissant jusqu’au milieu des années 2010. La difficulté actuelle rencontrée par ces organisations est la même que toutes les autres entreprises d’insertion : la réduction des subventions publiques.

En effet, le volet « solidaire » de ces garages s’exprime à première vue par des tarifs permettant aux plus précaires d’y avoir accès, ainsi que par une volonté marquée de participer à l’insertion de publics précaires, éloignés de l’emploi et peu qualifiés. Les contrats d’insertion permettent donc d’employer ces publics plus facilement grâce à une aide financière de l’Etat.

Ainsi, le Garage Moderne a pu avoir jusqu’à 35 salariés à la fin des années 2000. Aujourd’hui, les subventions publiques sur ce genre de contrats s’amenuisant, leur modèle économique ne peut plus l’assumer et ils abandonnent cette optique d’insertion. Ils sont aujourd’hui toujours 8 salariés, en contrat de travail plus classique, en CDI. Il a tout de même reçu un soutien de poids, avec la commune de Bordeaux, qui s’est portée acquéreuse du bâtiment à la vente de ce dernier il y a quelques années. Ce signe de soutien de la commune a pu rassurer autant les habitants quant à la survie du lieu, que les banques et les administrateurs quant à sa viabilité économique. L’association bénéficie d’un bail emphytéotique de 12 ans avec un loyer modéré.

Au Garage Moderne : voitures et vélos, mais aussi bar, concerts, expos & Cie !

Le Garage Moderne est un de ces garages associatifs. « Poumon économique » du lieu, le garage pour voitures n’est pas la seule activité. Sur le même principe que les voitures, un garage à vélos prend également place. On peut y acheter un vélo d’occasion, réparer le sien, ou le faire réparer.

Mais ce n’est pas tout, l’imposante cathédrale industrielle dans laquelle est installé le Garage Moderne laisse la possibilité aux imaginaires les plus débordants de s’exprimer.

Les 15 mètres sous plafond et les quelques 2 500m² du bâtiment rendent ce lieu « unique, qui parle à l’imagination, la stimule, impressionne sans intimider, et donne chaque jour des preuves de sa capacité à accueillir les projets les plus divers et les plus inattendus ».

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Alors il n’y fait pas que de la réparation de vélos et de voitures, mais il y accueille également des artistes en résidence, des expositions, des concerts, des marchés des créateurs, des apéros concerts, des projections de films, etc. En somme, tout ce qui peut rassembler les habitants d’un quartier et se faire croiser ceux qui ne l’auraient pu ailleurs. Le bar et la partie restauration veilleront à ce que les convives ne manquent ni à boire ni à manger !

Bacalan, toute une histoire…

Le Garage Moderne a ouvert en 2003 en plein cœur du quartier de Bacalan. Anciens marécages, Bacalan se développe aux XIXe et XXe siècles au rythme des chantiers navals qui gagnent les bassins à flots, et de la Révolution Industrielle qui fait croitre les industries aux abords des ports grandissants. Ainsi, une population ouvrière vient s’installer peu à peu dans ce quartier Nord de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne.

Relativement éloigné géographiquement du centre-ville, ce quartier portuaire centralise autour de lui, bien malgré lui, toutes les peurs et les frustrations d’un monde urbain. « Pauvreté », « violence », « misère », « insalubrité », et autres « insécurité » vont devenir au fil du temps les qualificatifs récurrents des médias et des bordelais pour qualifier ce quartier excentré. Les associations de quartier et les habitants s’en défendent vertement mettant plutôt en avant la solidarité et la vraie vie de quartier s’y développant.

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Bacalan n’échappera pas au phénomène de gentrification (embourgeoisement soudain d’un quartier populaire, conjugué à une hausse importante du prix de l’immobilier) du quartier voisin. Ainsi, le début des années 2000 voit les premières friches industrielles être détruites, et peu à peu tout le patrimoine de cette époque et de cette histoire s’effondrer. Au milieu de ce grand chambardement, un bâtiment résiste, et s’érige par la force des choses en véritable institution du quartier. Lieu de fête et de rencontres, le Garage Moderne installé dans cet ancien atelier de constructions mécaniques est à la fois témoin de l’âme de ce quartier, et véritable catalyseur de cette nouvelle mixité.

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Ce rôle de témoin et de catalyseur prendra la forme, dans le courant de l’année 2018, d’une exposition murale retraçant toute l’histoire du quartier. Sa transformation allant bon train, la façade Ouest du Garage s’est retrouvée attenante à une petite place piétonne et arborée, donnant sur deux résidences neuves. En partenariat avec la Mairie et les associations du quartier comme l’Amicale Laïque les murs du Garage Moderne accueilleront une exposition permanente rappelant ainsi aux passants et habitants l’histoire du quartier et du lieu.

Pour les curieux, il est un outil en or pour apprendre auprès d’un professionnel. Pour les habitants de Bacalan, il est un repère où réparer sa voiture, rencontrer des gens du quartier, découvrir des artistes bordelais en tous genres, et militer pour une survie de l’âme qui a fait ce quartier. Et c’est pour toutes ces raisons que nous avons eu un vrai coup de cœur pour cet immense hangar atypique et ce décor unique !  

 

Pour en savoir plus : http://legaragemoderne.org/

https://www.facebook.com/LeGarageModerne/

 

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