Itinérant ou dans un ancien vidéoclub, la Lozère modernise le cinéma associatif

Nous sommes en Lozère côté Cévennes, c’est-à-dire plutôt au sud du département. Ça sent bon la châtaigne et les champignons, au bord des rivières et en forêts, ou en hauteur sur les grands causses. Dans ce décor préservé, deux associations font vivre leur passion pour le bonheur de publics curieux. Voisines, cousines et copines, elles ont un territoire rural en partage et le cinéma en passion depuis bien des années. Cinéco d’abord transporte le cinéma dans beaucoup de villages du cœur des Cévennes, La Nouvelle Dimension ensuite a redonné vie à un vidéo-club à Florac et propose animations et festivals toute l’année.

Cinéco en a déroulé de la bobine !

Cinéco fait voyager le cinéma d’un village à l’autre. Les films se déplacent dans les anciennes salles de cinéma, en plein air l’été, dans les salle des fêtes ou même dans la cantine de l’école. Les bénévoles et les salariés de l’association se chargent des projections, de la programmation à la vente des billets jusqu’à l’installation du matériel. Et c’est une activité qui plaît beaucoup sur le territoire puisque pas moins de 80 personnes offrent de leur temps libre bénévolement, aux côtés des sept salariés de Cinéco, pour faire vivre l’association et apporter le cinéma dans plus de 60 communes.

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« C’est une sacrée organisation pour les salariés et les bénévoles. S’assurer que le matériel soit disponible, qu’il y ait des bénévoles pour chaque séance sans salarié, que les bande-annonces et le court-métrage d’avant séance soient prêts, etc. Mais on adore ce métier ! » nous raconte Stéphane, salarié de Cinéco.

Avant chaque film, un court-métrage en lien avec la thématique du film fait office d’ouverture de la projection. On a eu la chance de voir le monologue d’une maman à une petit garçon dans « Dinosaure » qui traite de l’enfance et des valeurs inculquées avec humour et distance, avant de nous plonger dans l’univers atypique d’un Institut Médico-Educatif « Dans la Terrible Jungle ».

Cinéco est donc un cinéma itinérant et l’a toujours été depuis… 37 ans ! Un très bel âge pour une association culturelle. Alors il faut dire que l’association en a vécu des bouleversements liés à l’histoire du cinéma.

Lorsque Cinéco est né, le numérique n’existait pas encore. A cette époque, on utilisait le « 16 mm », un format qui doit son nom à la largeur des bobines de pellicules utilisées à partir des années 1920. Ensuite, le temps a été celui des pellicules « 35 mm ». Et là, le nombre de bobines par films était en quantité limitée. Elles étaient livrées en priorité aux grandes salles de cinéma. Les petits cinémas et les cinémas itinérants se partageaient donc le stock restant. Puis, au fil du temps, le nombre de pellicules a diminué pour laisser place au format numérique uniquement. Alors à ce moment-là, les cinémas itinérants ne reçoivent plus de « 35 mm » et n’ont pas les moyens de changer leur matériel pour projeter en numérique. Pas de plan B !

Une période de doute s’installe et Cinéco se demande s’il va être possible de poursuivre son activité. Mais c’était sans compter sur une équipe déterminée et poussée par l’enthousiasme de son public fidèle. Quelques rendez-vous et plusieurs heures de discussion plus tard, l’« Association Nationale des Cinémas Itinérants » (ANCI) émerge pour porter aux institutions une voix commune. L’association parle des difficultés qui mettent en péril l’accès au cinéma dans les milieux ruraux et donc sur une zone très étendue compte tenu du nombre de communes que couvrent les cinémas itinérants de France : 1 200 ! L’association entame des négociations avec le « Centre Nationale du Cinéma et de l’Image Animée » (CNC) qui trouve rapidement une solution convaincu du bénéfice de telles activités sur le territoire national. Le CNC aide alors financièrement les cinémas itinérants et dont Cinéco à moderniser son matériel et à accueillir le format numérique avec succès. L’aventure continue !

Aujourd’hui, Cinéco diffuse exclusivement des films numériques, ce qui demande quand même une bonne part d’organisation car pour acquérir les films, il faut suivre tout un protocole les protégeant par des clés, des mots de passe et autres méthodes techniques et secrètes. Affaire de gros sous et lobbies, le cinéma n’échappe pas aux règles de l’industrie. Ce sont les grandes salles qui bénéficient de l’exclusivité, faisant patienter les cinémas itinérants et leurs publics. Cinéco s’est d’ailleurs adapter à recevoir les films cinq semaines après leur sortie officielle dans les grandes salles, et s’en est fait un atout en prenant le temps de sélectionner finement sa programmation.

Ce sont les bénévoles qui établissent la programmation pour les trois prochains mois. Elle est décidée de manière collective par les bénévoles présents et selon une méthode qui fonctionne depuis 10 ans après moultes essais et expérimentations de prise de décision collective. En sort une programmation variée et actuelle, privilégiant les films qui apportent une réflexion ou qui témoignent d’une qualité. Faire réfléchir via un beau et agréable support, c’est un des pouvoirs du cinéma !

Les super pouvoirs du cinéma

Le cinéma a ces pouvoirs de poser question, d’informer et de divertir. La programmation de Cinéco les met bien en avant et veut en faire profiter le plus grand nombre : les habitants des villages, on l’aura compris, mais pas que.

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Cinéco intervient dans les établissements scolaires de la région. 150 séances sont organisées en écoles et collèges. Dans le cadre d’un dispositif régional, Cinéco fait entrer le cinéma parmi les activités « d’éducation artistiques et culturelles » auprès des jeunes publics.

Dans cette même perspective de développement de ses propositions, Cinéco intervient en milieu carcéral comme c’est le cas à la Maison d’Arrêt de Mende. Une façon d’apporter du divertissement, d’accéder à un cinéma de qualité et de réfléchir sur certaines thématiques, comme c’était le cas le jour de notre rencontre avec Stéphane et Vincent qui revenaient de leur intervention, où ils avaient projeté « Les Invisibles », une histoire de solidarité et de femmes, projetée dans une Maison d’Arrêt pour hommes.

 

Depuis la naissance de Cinéco, l’association a développé ses activités, pour un accès toujours plus important auprès du public et parce que le cinéma a aussi le pouvoir de réunir, de faire se rencontrer les gens et de partager un moment privilégié. En 37 ans, les membres de l’association ont été témoins des changements ruraux dont on parle de plus en plus, de la disparition de lieux symboliques de rencontre tels que les bars et de la transformation des habitudes individuelles.

Le cinéma, dernière lumière dans la ville

En milieu rural, on parle beaucoup de ces changements, des commerces qui se raréfient, des bars qui ferment tôt dans la soirée ou qui mettent la clé sous la porte. Certains villages trouvent des solutions et créent de nouveaux espaces tels que des bars associatifs, des commerces gérés collectivement, des salons de thé-librairie, des lieux où les activités se croisent et les publics se mêlent. La Lozère est un de ces territoires ruraux, il est même le département le moins peuplé de France. Alors le cinéma a un rôle plus important qu’on ne le pense.

« C’est souvent le dernier endroit, ouvert au public, éclairé le soir dans la ville », témoigne Vincent, directeur de Cinéco.

Les soirées cinéma sont donc l’occasion de se retrouver, de voir ses voisins, de se donner rendez-vous autour d’un moment agréable et de détente. Vincent est certain de cette place centrale des salles de cinéma dans les bourgs et encourage ceux-ci à prendre conscience de ce rôle et à étoffer leurs propositions vers plus de rencontres et de convivialité : un cinéma qui fait bar en même temps, avant et après la séance, ou bien restaurant, ou bien salle de spectacle…

S’il y a un exemple local de lieu qui mêle cinéma et rencontres, c’est bien La Nouvelle Dimension, à Florac. Il s’agit d’une association singulière en la matière. Pour connaître son histoire, il faut remonter dans nos propres souvenirs d’enfance.

Qu’ont bien pu devenir les vidéos-clubs de notre enfance ?

Vous vous souvenez de ces étagères remplies de VHS, de cette virée en début de soirée pour choisir le film à regarder entre amis ou de ce rideau qui cachait un espace réservé aux adultes ?

Florac aussi avait son vidéo-club. Et comme partout, il a cessé de fonctionner il y a quelques années. Sauf qu’ici, il a eu un second souffle.

Guillaume, un passionné, un amoureux du cinéma et de ses supports devenus DVD, a décidé de poursuivre l’aventure. Lui qui tenait ce vidéo-club a conservé le stock et a été l’un des initiateurs de l’association La Nouvelle Dimension en 2015.

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Guillaume a été rejoint par des nostalgiques tout aussi passionnés que lui par les supports du cinéma car ce sont des bénévoles qui font vivre l’association aux côtés des salariés. Les 150 adhérents peuvent emprunter ces DVD grâce à leur abonnement annuel. L’association est également très connue localement pour son accent canadien lors de leur événement annuel phare : le festival de cinéma franco-québécois « 48 images par seconde ».

Tout au long de l’année, l’équipe accompagne le public dans sa cinéphilie, à travers des ateliers d’éducation à l’image où l’on découvre les métiers du cinéma, où l’on s’attarde sur une thématique particulière, etc. Elle tisse des partenariats locaux quand les idées se rejoignent autour de projets captivants. Un lâché de vautours prochainement sur le causse ? L’opportunité de se pencher sur cet oiseau avec le Parc Naturel des Cévennes et de programmer ensemble une soirée thématique. Un pont à quelques encablures qui fut central lors de tournages passés ? Plus qu’à le mettre à l’honneur lors d’une rando-ciné aux Journées du Patrimoine. Des habitants amateurs qui tournent des courts-métrages dans les Cévennes ? La date anniversaire de La Nouvelle Dimension est l’occasion de les diffuser sur grand écran devant un public curieux.

Le contexte cinématographique et culturel dans son ensemble est en pleine évolution. A l’heure des places de cinéma trop chères dans les gros complexes, d’un essor du cinéma indépendant, de l’accès à la culture foisonnant mais en grande difficulté financière, d’un besoin sociétal criant de se réunir et d’échanger, du domaine de l’art qui n’échappe pas à la financiarisation sauvage, ces deux associations participent d’un élan qui sera assurément à soutenir dans les prochaines années.

Pour en savoir plus :

Cinéco, cinéma itinérant en Cévennes

La Nouvelle Dimension, à Florac

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Interview : CéLA, le laboratoire d’initiatives locales.

Bastien, unique salarié, facilitateur du Tiers-Lieux, nous raconte la vie de CéLA. Il nous parle de Tiers-Lieux, d’équipe, de yoga, de coworking, de gouvernance, et même un peu du président !

C’est pas des idées en l’air : CéLA, est-ce qu’on peut dire que c’est l’histoire de deux potes qui avaient un rêve ?

Bastien : Oui, c’est deux personnes qui se rencontrent et qui discutent. Fred avait envie de monter une association, il avait envie de créer un truc et moi j’avais envie de faire des choses plutôt axées vers tout ce qui est recyclage, ateliers, etc. Du coup on s’est dit on se voit une fois par semaine pendant deux heures et puis, y’a un troisième larron qui nous a rejoint, Richard.  L’idée c’était de créer une sorte de collectif ouvert, autour de ces valeurs-là : écologie, transmission de savoirs, rassemblement du milieu associatif, coopération, etc. On a fait une petite vidéo qu’on a mis sur YouTube, et Facebook. On s’est dit on va faire avec les gens qui sont là et on a eu je crois 47 personnes. On était hyper impressionnés !

Donc on avait fait une petite présentation et finalement ce qu’on avait dit c’est que nous on propose une idée et c’était aux gens qui étaient là de s’investir dans l’idée. C’est vraiment le concept du Tiers-Lieux, c’est que tu y trouves ce que tu vas y apporter. Y’a des groupes qui se sont créés spontanément, les gens ont pris des papiers, « bon bin ok moi je veux faire ça, je veux faire du jardin, je veux faire ci », on a mis tout ça sur la table, et les gens se sont inscrits avec leurs adresses mail. Y’a des référents qui se sont mis sur chaque groupe pour rassembler les infos, envoyer un premier mail, et puis c’est parti comme ça. Tous les mercredis on faisait une réunion, je pense que ça a vraiment fait partie du succès de l’asso, on disait ce qu’il s’était passé dans la semaine et on regardait ce qui allait se passer la semaine d’après. Et ça a été vraiment un truc hyper intéressant la réunion du mercredi parce que t’avais des nouveaux qui venaient se greffer, qui venaient chercher des infos.

Pour toi, un Tiers-Lieux c’est quoi ?

Bastien : Derrière un Tiers-lieux je mets d’abord un espace de vie sociale. C’est un endroit où on vient rencontrer des gens qu’on n’a pas forcément vocation à rencontrer. C’est un endroit où on peut venir travailler aussi, que ce soit pour des projets privés, des projets de création d’entreprise ou même parfois de passion, ça permet à des gens de pouvoir avoir un espace pour travailler tranquille. Dans le concept des Tiers-Lieux je mets quand même le côté social devant, parce que je trouve que c’est vraiment intéressant d’avoir ces lieux-là. Avant c’était plus le bar du village qui avait ce job-là dans les relations sociales en fait, avant de rentrer à la maison dans son bled on allait boire un coup au café, on rencontrait le journaliste du coin, le patron du bar, le maire, le plombier… Et du coup pour moi le Tiers-Lieux c’est ce lien-là qui se re crée à nouveau. Après la question des Tiers-lieux c’est aussi tout le numérique, c’est vachement important d’accompagner les gens vers le numérique.

Du coup ce serait quoi la particularité de CéLA ?

Bastien : C’est un Tiers-Lieux hybride. C’est pas juste un café associatif, c’est pas juste un espace de coworking, c’est pas juste un jardin, ça mixe tout plein d’équipements et c’est pour ça que derrière Tiers-Lieux on met un « x » parce que c’est plusieurs lieux en un.

Après la spécificité de CéLA c’est l’action citoyenne. En fait si y’avait qu’un seul mot à retenir c’est « faire », nous on est là pour faire, pas pour démontrer que c’est nous qui avons raison, mais on est là pour faire, montrer que ce qu’on fait c’est pas mal ou ça peut être utile.

Pour nous, Tiers-Lieux ça veut aussi dire circuit-court et partenariats, est-ce que ça résonne chez CéLA ?

Bastien : Oui oui complètement. Nous c’est vraiment ça, on veut pas que CéLA ça devienne un truc gigantesque en dehors de Bergerac. Nous on veut développer le local, développer avec nos adhérents. C’est ce qui se fait déjà !

Un des gros chantiers qu’on va mettre en œuvre là, c’est rassembler d’autres associations avec nous en fait. Pas forcément créer un truc, mais pour qu’on puisse se rencontrer, même si c’est qu’une fois par trimestre, mais au moins voir ce qu’on peut faire ensemble, voir s’il y a possibilité de coopérer, que ce soit sur des actions, ou du fonctionnement interne, ou s’échanger des services, …

Tu peux nous expliquer ce qu’il se passe à CéLA ?

Bastien : Alors il y a plein de trucs ! La grosse activité c’est la ressourcerie. Après y’a des cours de yoga, y’a des réunions de groupe, y’a le jardin, y’a des thérapeutes qui sont venus, des expos de tableaux, on a fait un petit concert aussi et on aimerait en faire d’autres. Y’a la bibliothèque aussi, y’a le café… L’activité du lieu, c’est un laboratoire. Là on va lancer le Repair Café en novembre, on essaie de lancer des chantiers et de faire venir les gens.

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Pour la petite histoire, tu peux nous dire ce qu’était ce lieu avant ?

Bastien : Juste avant nous c’était des pompes funèbres. Donc on a redonné de la vie dans un lieu de morts…

Vous êtes ouverts depuis six mois maintenant, et l’association existe depuis près de deux ans, c’était le temps à prendre pour trouver le local ?

Bastien : Si tu veux en décembre 2015, on venait de se constituer, donc au départ on cherchait pas vraiment un lieu. Après quand on a vu qu’on était assez nombreux, on avait envie d’un café donc on en a fait un chez un privé, et on avait un poney club qui était à côté donc on faisait un peu des trucs avec eux. Mais je dirais qu’on a commencé à chercher activement un lieu à partir du moment où on est rentré dans une phase d’incubation avec la Coopérative des Tiers-Lieux. En fait, on a participé à un Petit Ramdam et là j’ai rencontré les filles de la Coopérative des Tiers-Lieux qui nous ont dit « Bin alors CéLA, il reste 48h pour postuler pour faire partie de l’incubateur ! ». Donc en gros c’est une formation qui dure pendant un an où t’es accompagné par la Coopérative des Tiers-Lieux, c’est gratuit et ils te coachent pour créer ton Tiers-Lieux. Et donc avec Fred on est rentré, on a fait ça un peu vite fait, on s’est bien marré, on a rempli le tableau et on l’a renvoyé. Y’avait une bonne vingtaine de projets qui avaient postulé et ils en ont retenu 4, dont nous. Donc on est tout de suite rentré dans cet incubateur, on est allé à Bordeaux en formation, et on a balayé tout un cursus de formation autour des Tiers-Lieux, mais ça allait vraiment du budget, du Tiers-Lieux en lui-même, de l’animation d’un Tiers-Lieux, de la communication, enfin c’était vraiment un truc hyper large, on a visité des Tiers-Lieux, c’était vraiment chouette. On a été mis en relation avec la Région qui est vachement au fait sur ces questions-là et c’est là qu’on a commencé à remplir le dossier de subvention, qui nous a permis de chercher, puis de trouver ce local.

Et si on parle argent, vous tournez sur des fonds propres, ou vous avez des aides des collectivités ?

Bastien : Là typiquement c’est la Région qui nous aide. On rentre pas suffisamment de chiffre d’affaires. Même si depuis la rentrée on monte doucement. On a ouvert au mois de mai, on a commencé gentiment et là ça va mieux. On s’est donné trois ans pour atteindre un certain équilibre. En tout cas on s’est donné comme objectif d’être à 70-80% de fonds propres pour n’avoir plus que 20 ou 30% de fonds publics. Après dans les faits, c’est jamais figé. Ce serait parfait de se dire que tous les ans on est à 20% de fonds publics. Mais dans la réalité économique des Tiers-Lieux, ce n’est pas comme ça que ça se passe. De manière générale, c’est plutôt une stabilité économique sur un an, un an et demi, puis on passe en mode projet pour développer un projet, donc on a besoin d’argent et sur un an ou un an et demi on va avoir une partie des fonds publics qui vont augmenter. Donc c’est plus être autonome économiquement. C’est-à-dire toutes les décisions qu’on prend, c’est nous qui les prenons. C’est pas on est à 60% de fonds publics tout le temps, et du coup les décisions c’est plus nous qui les prenons, mais parce qu’il y a une collectivité territoriale qui nous dit faut faire ci, faut faire ça, sinon vous avez pas de sous ! Donc nous on base notre modèle économique là-dessus. Maintenant on a 3000 euros de charge donc ça veut dire qu’il faut faire rentrer minimum 3000-3500 par mois. Là par exemple au mois d’octobre, on est plutôt à 1500-1600… Ce qui est pas si mal après six mois d’ouverture ! C’est plutôt encourageant !

La première fois qu’on a vu Fred, le Président, il avait un chapeau haut de forme en plastique bleu, une veste de costard trop grande, une cravate à rayures, un pantalon treillis, et des baskets de running. Tu peux nous dire deux mots sur le phénomène qu’a l’air d’être le bonhomme ?

Bastien : (rires) Fred c’est un créatif, c’est lui qui a trouvé le nom CéLA, lui dans sa tête tu lui donnes une idée et il t’a déjà fait tout le truc. Tout est prêt pour ouvrir ! C’est quelqu’un qui est hyper vif d’esprit et c’est son trip d’être comme ça, faire une grande famille. C’est un genre de papa. Il a ce côté vachement rassembleur !

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Ca donne l’impression que vous êtes très complémentaires dans votre binôme…

Bastien : Ah oui oui on est hyper complémentaires, ça c’est sûr ! Fred il est hyper volontaire, donc c’est clair que c’est cool de bosser avec lui, il sait motiver les gens. Après y’a Richard aussi que vous avez pas beaucoup vu, mais qui est super aussi. Richard il est dans l’action, il s’occupe de la communication et des fois il fait des trucs un peu chelou mais c’est pas grave, parce que comme on dit « on fait les choses sérieusement sans se prendre au sérieux ». On a une bonne équipe oui ! Il y a aussi Elisabeth, Sarah, Léo, il y a plein de personnes vachement présentes mais c’est vrai que la petite flamme de folie Fred, il est là pour ça !

Mais vous n’êtes pas que deux ou trois, avec 130 adhérents, comment s’organisent la répartition des tâches et des prises de décision ?

Bastien : Aujourd’hui, y’a le Conseil d’administration de 7 personnes, c’est vraiment le côté de l’administration. Après on déborde beaucoup de ces questionnements dans les réunions du mercredi avec les adhérents. Dans les réunions du mercredi on aborde les questions de fond de l’association, on se questionne, surtout on essaie de faire des choses en collectif. Mais on s’aperçoit que prendre une décision en collectif c’est pas quelque chose qui se décrète et y’a encore beaucoup de gens qui ont tendance à penser qu’il faut faire du collectif. Moi je suis bien d’accord avec ça mais y’a une différence entre faire du collectif, et que ça fonctionne. Faut trouver des fonctionnements, des méthodes, des trucs comme ça. On a essayé.

On a essayé une fois la méthode de l’Holacratie. Donc c’est une forme de réunion, de structuration, qui permet à tout le monde de parler et d’échanger et à la fin on prend une décision. C’est un concept qui est extrêmement lent à mettre en place, c’est certainement utile mais en tout cas on l’a fait une fois, on a failli se taper dessus. Tu vois on marque laboratoire sur la devanture parce que c’est vraiment un laboratoire, on a fait plein d’essais pour prendre une décision en collectif. Au sein d’un Conseil administration c’est relativement simple entre guillemets, parce qu’on arrive à se questionner et à répondre et à un moment on arrive à se mettre d’accord. Quand t’es dans un cercle qui s’élargit de plus en plus, c’est vachement moins facile. Après je pense qu’on a vraiment beaucoup de travail à faire par rapport à ça. Donc on a une vraie réflexion sur la gouvernance à faire. Et après c’est la vie d’un groupe, c’est ça qui est chouette aussi.

Quelle est votre plus belle réussite jusqu’ici ?

Bastien : Je sais pas si c’est de la fierté mais on est contents d’avoir fait ce projet oui ! Contents de s’être rencontrés, et ce qui est génial ici, c’est que les retours que les gens nous font, c’est qu’il y a plein d’assos sur Bergerac où tu viens, tu fais ton petit atelier, et puis finalement tu rencontres jamais les gens ! Et souvent à CéLA on nous dit « C’est cool parce que je rencontre du monde ». Donc si on a une fierté, c’est de se dire qu’on a réussi au moins ça, à faire se rencontrer des gens qui au départ à priori n’avaient pas à se rencontrer.

C’est la définition du Tiers-Lieux que tu nous a donné tout à l’heure… Mission accomplie !

Bastien : C’est ça ! Exactement !  Et qu’ils fassent des choses ensemble ! Parce que c’est vrai qu’on s’est tous dit un jour « on pourrait faire ci, on pourrait faire ça, j’ai une super idée » ok, mais l’idée elle reste toujours au stade de l’idée parce que t’es tout seul, parce que t’as pas la confiance en toi, alors que quand tu fais partie d’un groupe comme à CéLA tu vas pouvoir parler de cette idée-là, et tu vas tout de suite avoir du monde qui va être là, qui va venir t’aider !

On peut dire que ça ne reste pas des idées en l’air… (rires)

Bastien : Voilà ! Ca reste pas des idées en l’air ! Je préfère que collectivement on ait le regret de s’être planté, plutôt que le regret de ne pas l’avoir fait !

 

Plus d’infos : http://www.cela.site

Le Fabuleux Destin, café spectacle à la p’tite semaine !

Un café culturel qui programme Amnesty International le jeudi soir, des courts métrages liés au thème de l’exil le vendredi soir, et un concert le samedi soir, il ne nous en fallait pas plus pour nous motiver à prendre la route direction Aubusson ! On ne savait pas exactement ce qui nous attendait…

En haut de la petite montée du quartier Saint-Jean, il est un lieu qui donne vie aux mots, qui les laisse vivre, divaguer, et s’entremêler… Un lieu qui laisse libre cours aux idées créatives, à l’initiative et à la participation populaire. Au Fabuleux Destin, on a le beau bar et la bonne bière du bar traditionnel, la convivialité et la chaleur d’un bar associatif, et cet esprit poétique, ailé et presque romanesque… du « Fabuleux », comme les habitués aiment à l’appeler.

 

Faites entrer les artistes…

Revenons aux débuts. On a Daniel, personnage haut en couleur, un ch’ti au parcours aussi riche que tumultueux qui vient s’installer en Creuse. Daniel, il a baigné dans le monde du théâtre subventionné, du théâtre itinérant indépendant, des écoles de théâtre, de la musique, des écoles de musique, etc. et il est encore en contact avec certains anciens étudiants, comédiens ou musiciens pour la plupart. Avec David et Olivier, ils créent une maison d’éditions, Sans sucre ajouté. De la simple édition d’ouvrages, les trois comparses décident de proposer à leurs auteurs de venir tester leurs textes, à voix haute, devant un public. Bistrot de quartier en déclin, mais séduit par l’idée, le Fabuleux Destin accueille alors ces soirées de lecture, puis à l’occasion une troupe de théâtre, des vieux copains de Daniel qui cherchent un lieu où rôder leur dernière création.

Mais le bistrot ne marche plus, et va devoir fermer ses portes… Un de plus, me direz-vous. Un quartier de plus sans commerce, obligeant ses habitants à se déplacer en centre-ville pour trouver un peu de vie sociale. Eh non. Opposée à la fermeture du bar, la propriétaire négocie et un accord est trouvé avec Sans sucre ajouté pour créer un bar associatif où auteurs, comédiens, et musiciens pourraient prendre place. Ce n’était pas une idée en l’air ! Ne pouvant assumer seuls un tel chantier, ils lancent un appel aux associations du coin, et c’est à près de 40 qu’ils se lancent tous ensemble dans cette aventure courant de l’année 2012.

« On n’a jamais eu de projet, c’est une aventure ! Déjà cinq ans de fonctionnement, c’est un miracle ! » Daniel, bénévole.

… Et que l’aventure commence !

Déjà en rentrant dans le café, on sent, on perçoit une ambiance. Le présentoir à l’entrée vous propose des journaux locaux et indépendants, des cartes postales de décoration plus originales les unes que les autres, ou encore quelques autocollants militants. Le bar tout de suite sur la gauche propose tartines de fromage, et soupe ou salade selon la saison à prix libre. Accompagnés d’une bière locale, d’un verre de vin bio, ou d’un sirop de violette, restez au bar à discuter avec la joyeuse équipe de bénévoles, ou installez-vous juste derrière dans la bibliothèque. Celle-ci d’une richesse et d’une diversité rare, prenez le temps d’apprécier la souplesse du canapé, ou quelques pages des auteurs les plus classiques aux plus révolutionnaires.

L’esprit embué après une bière et quelques livres feuilletés, la partie « salle de spectacle » est prête à jouer sa partition.

Lors de notre première venue le jeudi soir, il y avait Marie au Violoncelle pour accompagner Arnaud et Daniel sur des lectures de textes traitant, de près ou de loin, de l’exil et des droits de l’Homme de Stefan Zweig, Prévert, Hugo, ou Bernanos. La soirée était sous le signe d’Amnesty International. Cinq bénévoles de la section creusoise étaient présents pour nous présenter de courts ou moyens métrages sur leurs actions. Le lendemain, des courts métrages sur le thème de l’exil ont nourri les discussions, tandis que samedi soir c’était une clarinette et une batterie qui animaient la scène pour un concert de musique improvisée.

Tous les jeudi, vendredi et samedi soir le café ouvre ses portes pour proposer une programmation « à la p’tite semaine ». Le programme est établi au trimestre. Et chaque trimestre, il y a des invariables. On retrouve par exemple tous les mois la projection d’un documentaire, une exposition, un club jazz, une après-midi goûter pour les enfants, et une réunion informative animée par Stop Mines. En plus, viennent donc se glisser des pièces de théâtre, des concerts, des débats, etc.

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Bar de quartier pour certains, café philosophique pour d’autres, ou encore café spectacle, ce lieu se décline au gré des envies de chacun. D’ailleurs, nous retrouvons également une scène ouverte tous les mois, « Le Sac à Malices », où chacun peut venir s’exprimer, chanter, dire un texte, …

Ils sont aujourd’hui entre 15 et 20 bénévoles pour assurer la vie du lieu, qu’il s’agisse du service au bar, du ménage hebdomadaire, de la programmation, de la comptabilité, de l’accueil des artistes, des petits travaux réguliers, etc.

Au Fabuleux Destin on retrouve donc une bande de passionnés et d’amis, autant que l’on peut découvrir des artistes de toute la France. Toujours à prix libre !

Le Chapeau, une institution du Fabuleux Destin !

Ici, chacun sait que la participation de tous fait le fonctionnement du lieu.

L’association n’assure jamais de cachet aux artistes qui viennent : ils viennent jouer au chapeau, ou ne viennent pas. Ne touchant aucun financement public par choix, la rétribution des artistes se fait selon ce que veut, et ce que peut le spectateur. Mais l’équipe de bénévoles veille à rappeler à chaque début de spectacle la singularité financière du bar et à sensibiliser sur l’importance de leur participation au chapeau. A la fin du spectacle, le beau chapeau clignote fièrement, on ne peut pas le louper ! Mais Daniel nous l’assure, ce n’est pas le chapeau qui freine les artistes dans leur majorité, parce qu’ils savent qu’ils trouveront en ce lieu une qualité d’écoute extraordinaire de la part des spectateurs, habitués du lieu ou non. Ainsi, le service n’est pas assuré au bar durant le spectacle, et un écrito sur la porte d’entrée indique « Spectacle en cours, entrez discrètement ».

Pour le reste, seules les boissons ont un prix fixe. Alors les petits prix du bar font recette, pendant que les grignotages à base de pain et de fromage, et la soupe ou la salade selon la saison sont à prix libre. Chacun met ce qu’il veut, ou ce qu’il peut, dans la petite caisse du comptoir.

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Et la communauté de communes à laquelle appartient Aubusson étant la plus endettée de France, ce choix d’autofinancement s’est peut-être avéré être le plus judicieux et le plus stable financièrement. Un choix payant qui permet au Fabuleux de poursuivre son aventure sur les mêmes rails, sans changement, que la collectivité territoriale se relève ou non. Toutes les initiatives de ce type sur le territoire n’ayant pas fait le choix de l’autofinancement, ils se voient amputés pour certains d’entre eux d’une part conséquente de leur budget, allant même jusqu’à requestionner sérieusement la viabilité et la poursuite de leur projet.

Merci à Marie, Alex, Fanny, Denis, Daniel, et les autres bénévoles pour leur accueil. Il est de ces lieux qui offrent une perspective culturelle et une singularité à un territoire qui serait impossible sans cette force bénévole. La vie culturelle des jeudi, vendredi, et samedi soir à Aubusson n’aurait sans doute pas le même ton et la même mélodie sans la savoureuse note du Fabuleux Destin.

 

L’atelier du Soleil et du Vent, décidez de votre énergie !

Construire son poêle de masse, avoir une plancha dans le jardin, fabriquer une éolienne, ou simplement revoir fonctionner ses appareils cassés, est-ce que ça ne donne pas envie de le faire tout seul, comme des grands ? Ça tombe bien, L’Atelier du Soleil et du Vent est là pour nous aider à faire, à fabriquer, à imaginer et à élaborer. Dans ce groupe composé d’artisans et d’ingénieurs, on a toujours de bons conseils et une grande aide. 

Etre acteur de sa propre transition énergétique, c’est le pari fou que s’est lancée l’association voilà six ans, à Lusignan (86).

Le pouvoir de la jeunesse

A l’origine, des copains tout droit sortis d’écoles d’ingénieurs et d’un Master européen en énergies renouvelables qui voulaient allier théorie et pratique. On les imagine facilement étudiants, travailler des heures durant sur un futur prototype, calculer, mesurer, dessiner, etc. On les imagine derrière un bureau, élaborer des machines sur des logiciels, les mains propres et le veston nickel. Pourtant, sortis d’études, ce n’est pas du tout ce schéma qu’ils avaient en tête pour leurs prochaines années. Ils voulaient savoir conceptualiser avec leur tête comme leurs études leur avaient appris, mais aussi savoir faire, avec leurs mains. Ce n’était pas une idée en l’air ! 

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Alors le petit groupe s’improvise et s’organise un premier concentrateur solaire, puis une éolienne et les expériences s’enchaînent entre copains dans des garages ou des ateliers improvisés. Rapidement, nos ingénieurs touche-à-tout se rendent compte que cadrer cette activité par une forme associative leur offrirait un double avantage. D’une part, cela leur permettrait de créer un compte en banque, puis de bénéficier d’un compte chez leurs fournisseurs. D’autre part, cela leur permettrait de développer de manière plus formelle cette activité. Leur idée était de redonner tout son sens au mot « énergie » et d’offrir un pouvoir aux consommateurs qui les rendrait acteurs de leur énergie…

Acteurs de leur énergie ?

Alors constitués en association, les possibilités d’évolution se multiplient. S’ils ont effleuré l’idée d’y trouver leur activité économique, il ne s’agit pas là de l’orientation actuelle de l’association. Celle-ci s’inscrit dans une démarche de diffusion des savoirs et de partage des connaissances et des expériences.

La principale activité consiste à organiser de petites formations payantes de deux à six à jours.

  • La première formation vise à se former au fonctionnement d’une éolienne et à sa fabrication. Elle dure six jours, vous êtes logés et nourris en produits bio et locaux. L’éolienne de 18m de haut alors construite par le groupe de 15 personnes maximum sera donnée à un agriculteur bio de la région. Découpe de métaux, travail du bois, systèmes électriques, tout se fait en auto-construction, par vous !
  • La deuxième formation ne dure que deux jours et permet à chacun de repartir avec son cuiseur à bois. De manière vulgarisé, nous pourrions dire que c’est un coude en métal sur lequel vient se poser une plaque en fer, qui fait plancha. Vous avez l’idée ? Ca s’appelle un cuiseur à bois de type rocket stove… Voilà. En deux jours, Guillaume et Antoine ont le temps d’amener un peu plus de théorie, que notre petite description, sur les flux d’airs, la combustion, la diffusion de la chaleur, etc. L’ingénieur et l’artisan en énergies renouvelables seront ravis de répondre à toutes vos questions, ce sont des pédagogues avertis !

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  • Et pédagogues il faut l’être pour nous avoir fait comprendre, à nous, bricolos du dimanche, la logique de fonctionnement d’un poêle de masse. Une formation est en préparation sur cet aménagement, mais nous avons pu assister à un chantier participatif sur lequel nos artisans et ingénieurs se faisaient la main.
  • Dernière formation, plus généraliste, plus « tout terrain ». Sur une journée, on peut découvrir les solutions les plus adaptées à notre habitat concernant notre production d’électricité, notre eau, notre cuisson ou notre chauffage. Florent, co-fondateur de l’association se fera un plaisir de vous renseigner !

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L’activité de l’association est complétée par l’ouverture au grand public du fablab, toute l’année, selon les horaires d’ouverture disponibles sur leur site. C’est ainsi que dans ce grand local qui abrite l’association, ce fablab, que dis-je, cette caverne d’Ali Baba, on trouve des machines de toutes les tailles, de toutes les formes, des établis construits en palette, des postes de travail en acier fait maison, fruits de récup’ et de dons … Enfin, de quoi donner envie dès notre arrivée de toucher à tout !

Du coup, quand on parle de personnes « acteurs de leur énergie », vous comprenez mieux ? 😊

Une ouverture sur l’extérieur

Au-delà d’un groupe de jeunes ingénieurs, on rencontre aujourd’hui dans l’association une palette de passionnés des matériaux en tout genre : charpentier, menuisier, chauffagiste… Chacun apporte son regard sur une nouvelle création, ses techniques à l’amélioration du grand local, ou échange son savoir avec les plus curieux. Les formations, le fablab et son équipement, ont, depuis quatre ans, ramené nombre de personnes différentes : des amateurs, des curieux, des bricoleurs et des professionnels.

De plus, l’animation de nouvelles formations plus spécialisées encore pourrait même bientôt s’ouvrir à des artisans professionnels de la région, qui viendraient partager et transmettre leurs savoirs et leurs compétences.

Il faut dire que le public est friand et demandeur. Pour moitié composé des habitants du coin, l’autre moitié se déplace de la France entière pour assister aux activités proposées. Et c’est tant mieux, car sans aucun financement public, l’association s’auto-finance grâce à ses formations ouvertes à tous et aux adhésions.

 

L’Atelier du Soleil et du Vent, ça se passe autant dans la tête que dans les mains. Ça se passe pas mal dans la tête (déjà pour comprendre le fonctionnement du poêle de masse on s’est concentré fort !) parce que pouvoir requestionner la place de l’énergie dans nos vies et nos habitats est une démarche qui en englobe beaucoup d’autres. Mais ça se passe aussi dans les mains (quand on a dû remplir des briques de terres ça allait, mais bâtir un mur avec un niveau, on a appris !) lors des formations éoliennes ou rocket-stove, ou au fablab !

Pour les contacter :
https://atelierdusoleiletduvent.org

 

Les Usines Nouvelles, une friche devenue « Tiers Espace »

Comme pour faire correspondre et faire parler les époques entre elles. Deux époques si différentes, mais qui ont tant à apprendre l’une de l’autre. Les deux nous parlent de la notion de travail, de sa place dans nos vies. Mais chacune le fait avec ses termes, ses références contemporaines et son actualité.

Une manufacture bien du XIXe et un « Tiers Espace » profondément du XXIe, l’un qui succède à l’autre, sur un seul et même lieu, en conservant les murs comme pour garder un témoin de l’évolution de notre rapport au travail.

Investir une ancienne filature à l’abandon pour en faire un espace de travail partagé, mais pas que, voici le projet des Usines Nouvelles, à Ligugé, dans la Vienne.

Un lieu de Production, hier et aujourd’hui.

Cette filature est un témoin historique significatif de ce que fut l’aventure de la Révolution Industrielle du XIXe Siècle et de ses suites au XXe. Fondée en 1830, elle constituera un important vivier d’emplois dans la région durant plus d’un siècle. Elle fermera en 1976 et passera 30 ans à se dégrader doucement, laissant seulement le souvenir d’une économie croissante (dé)passée.

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La notion de production a gardé sa place centrale dans la nouvelle vie du lieu. Bureaux individuels, bureaux partagés et ateliers ont redessiné l’intérieur des bâtiments rénovés. Rénovés, ils ne le sont pas tous encore, mais les quelques-uns ayant eu cette chance affichent complets : les 6 bureaux individuels, les 6 bureaux en espace partagé, les 4 ateliers et le fablab de 400m² accueillent 24 structures, pour 35 personnes salariées. Si nous y rajoutons les 17 entrepreneurs-salariés de la Coopérative d’Activité et d’Emploi, ce sont 52 emplois qui ont été développés au sein des Usines Nouvelles.

Y sont rassemblés des professionnels des secteurs du développement durable, des métiers d’art, des nouvelles technologies, des arts, de la culture, et de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS). Et c’est bien cette diversité qui est recherchée et mise en avant.

Cette mutualisation et cette proximité des espaces de travail entre secteurs d’activité divers ouvrent la voie à de multiples objectifs. En premier lieu, c’est justement de leur montrer qu’ils ne sont pas si opposés en suscitant l’intérêt de collaborations. Ainsi, un restaurateur de documents anciens a pu travailler avec l’ébéniste sur la réfection d’une couverture de livre en bois ancien, l’ébéniste et le forgeron, tous deux fabricants de meubles, ont pu mettre en place une gamme commune « Bois Métal », pendant que le forgeron a travaillé avec le fablab sur une œuvre d’art et la brasserie locale sur leurs machines de brassage, etc.

Et puis, après avoir impulsé ces collaborations et cette dynamique économique transversale, l’objectif suivant est de faciliter le lancement d’activité. D‘ailleurs, c’est le manque d’espace de travail pour les artisans et entrepreneurs de la région qui a été une des motivations centrales dans l’acquisition du site. Ce n’était pas une idée en l’air ! Avec ce nouvel espace disponible, les Usines Nouvelles facilitent déjà ce lancement en proposant des loyers très attractifs, des espaces communs tels que la salle de repas pour tous les porteurs de projet, une salle de réunion, et surtout des voisins aux compétences et aux réseaux aussi divers qu’utiles.

Enfin, l’ultime objectif se situe au niveau du territoire : qu’il en sorte gagnant, en termes d’emplois, d’activités et d’attractivité !

« C’est une sorte de grand laboratoire expérimental et l’on souhaite que toutes les personnes qui le désirent viennent s’en servir » Denis Meunier, co-fondateur, s’exprime au sujet du lieu.

Les partenariats se développent donc vite. Par exemple, « Rurart » (dispositif culturel en milieu rural) y a trouvé un terrain de jeu parfait, pendant que l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image imagine avec Les Usines Nouvelles un projet pour ses étudiants.

En termes de programmation, le site s’ouvre à l’occasion de la Journée Européenne du Patrimoine chaque mois de septembre, lors de la Journée Européenne des Métiers d’Arts chaque mois d’avril, et lors de sortie de résidence d’artistes. Aussi, la Brasserie vend ses produits tous les vendredi et samedi après-midi.

Une ascension fulgurante

« On n’a jamais lâché le morceau » en rigole Denis.

L’acquisition complexe du lieu puis le développement de l’activité ont pris forme sur un rythme effréné. En effet, l’ensemble de l’activité décrite ci-dessus fait suite à seulement 4 ans d’ouverture effective. La filature en ruines a été achetée en 2011 par les quatre co-fondateurs du lieu sur leurs deniers personnels, suivront deux ans de travaux, avant une ouverture en 2013. Au départ, sont proposés 4 bureaux, une salle de réunion, un fablab de 40m², et deux ateliers. Les possibilités d’accueil sont au départ limitées, mais les travaux s’enchaînent, les espaces utilisés grandissent, et les projets avec.

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Récemment, une subvention européenne du FEDER a permis au fablab de passer de 40 à 400 m² et d’acquérir de nouvelles machines professionnelles. A cela s’ajoute le développement « Do It Yourself » au sein du fablab avec la mise en place de formations, en plus des machines mises à disposition. Un citoyen peut venir avec une idée de projet, se former à sa mise en œuvre et le créer tout seul, à l’aide des machines disponibles.

 « L’idée c’est de renforcer cet éco système pour développer encore plus de possibilités. Dans le rêve idéal, on a une idée ou un problème, on vient, et on trouve la solution sur place » Denis Meunier.

Il nous avouera bien volontiers que « quand on se lance dans ce genre de projets, on ne peut pas s’investir à moitié », d’autant plus aux Usines Nouvelles qui fourmillent de nouveaux projets :

  • Une nouvelle aile devrait être réhabilitée pour 15 nouveaux bureaux, 6 nouveaux ateliers, 1 grande salle de réunion et une halle multi-usages. Sur la lancée de leur développement rapide, cette nouvelle aile permettrait de quasi-doubler le nombre de porteurs de projets.
  • Déjà labellisé Pôle Territorial de Coopération Economique (PTCE) par le Labo ESS, qui leur apporte un réseau, une reconnaissance, une porte d’entrée significative dans le monde de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), le palier supplémentaire serait le label ZAE (Zone d’Activité Economique) qui leur apporterait une entrée nettement plus économique et des liens plus étroits avec les pouvoirs publics sur ce volet.
  • Enfin, toujours dans l’objectif de mixer les publics et les expériences et susciter des collaborations inventives et nouvelles, ils aimeraient attirer des entrepreneurs venant de plus loin que le département de la Vienne. Peut-être pour la prochaine aile rénovée ?

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Profondément du XXIe siècle, ce Tiers Espace ambitionne naturellement d’arriver à l’autoconsommation et à l’autonomie énergétique. Dans cette perspective, ils ont obtenu un permis de construire pour 800 m² de panneau solaire, et étudient la possibilité d’un projet hydro-électrique exploitant le barrage existant de la rivière passante.

Un « Tiers Espace »

Dans le monde des alternatives, la notion de Tiers Lieu est largement répandue et c’est généralement de ce nom que nous appelons les bars associatifs, les centres comme Les Usines Nouvelles, les fablab, et tout autre lieu qui sortirait du cadre traditionnel.

Au départ, c’est le sociologue américain Ray Oldenburg en 1989, qui parlait de « Third Place » (comprenez « Lieu Tiers ») pour désigner tout lieu autre que la maison ou le travail, où se rencontrent des gens qui n’avaient pas vocation à le faire. Puis le temps passant et différents organismes tels que le Labo ESS ou le Réseau des Tiers Lieux Open Sources naissant et se développant, des définitions plus complètes ont été apportées.

Alors certes le plus long, mais également le plus facile, c’est ce document rédigé par Movilab et le Réseau des Tiers Lieux Open source, Le Manifeste des Tiers Lieux, qui résume le mieux l’idée que nous mettons derrière ces Tiers Lieux : Manifeste des Tiers-Lieux

Pour leur part, Les Usines Nouvelles ont opté pour un concept plus large et moins répandu, mais tout aussi intéressant. Hugues Bazin, l’auteur en étant à l’initiative, définit les Tiers Espace. Ces derniers comprennent les Contre Espace, les Tiers Paysage, et les Tiers Lieux.

Profondément Tiers-Lieux par leur volet co-working, les Usines Nouvelles peuvent aussi être vues comme un Contre Espace dans leur manière de penser le travail et sa place dans notre espace, dans notre urbanité. Elles peuvent également être Tiers Paysage avec leur activité de jardins partagés et le parc de verdure qui entoure la filature. La notion d’Hugues Bazin a l’avantage de conceptualiser et de théoriser de manière plus précise ce qui se cache derrière la simple entité « Tiers Lieux », incapable d’assumer la diversité sans fin des projets et des lieux qui s’en réclament. Une classification de ce type permet de faire un premier tri entre les différents lieux alternatifs pouvant exister et peut-être de se faire rapprocher entre eux des projets similaires, plutôt que de les noyer dans la masse des « Tiers Lieux », comme nous les entendons de manière habituelle.

Tant sur son volet pratique que théorique, le projet des Usines Nouvelles s’avère passionnant. En se baladant sur le site, nous saute aux yeux aussi rapidement l’une que l’autre, l’ambiance « nouvelles technologies, co-working, fablab » que l’ambiance « ruines et gros tags ». C’est la théorie des Tiers Lieux et des Tiers Espaces « mixer les espaces et les gens » qui rencontre la pratique.

 

Pour les contacter :
http://www.lesusinesnouvelles.com/

La Colporteuse, la fabrique de pièges à ennuis

« Y paraitrait que…
Radulphe de Sanzay s’ennuyait à en mourir
Les colporteurs sont venus le divertir
Les ennuis n’ont qu’à bien se tenir »

C’est avec ces quelques petits mots que nous a accueilli Lolita, salariée passionnée, et empreinte de vie lorsqu’elle parle du Château de Sanzay…

Le Château de Sanzay a traversé et traverse l’Histoire et les histoires. Radulphe était un châtelain un peu particulier. Son sens de la convivialité et du partage l’avait amené à bâtir un château sans pont-levis, sans portail, ouvert à tous. Comme pour inviter les passants, habitants, voyageurs, curieux, et autres bavards à entrer, échanger, discuter, rigoler, promener, jouer, vivre. Sans pont-levis, son château était un lieu de vie.

Mais voilà qu’un jour, les passants dans sa cour se faisant de moins en moins nombreux, et restant d’avantage chez eux, Radulphe commença à s’ennuyer… Des jours, des semaines, des mois ! Des mois durant, de l’ennui, rien d’autre que de l’ennui. Puis un beau jour, deux colporteurs entrèrent dans la cour du château et trouvèrent Radulphe, seul, en train de s’ennuyer. Mais nos deux porteurs de messages et crieurs de rue ne connaissant pas même l’existence de l’ennui ne supportaient pas de voir un homme dans cette situation. Ils créèrent alors des pièges à ennui… Pour que plus jamais Radulphe ne s’ennuie…

Pour la fin de l’Histoire, demandez Lolita, Chloé, David, ou Mattieu, au Château de Sanzay, à Argenton les Vallées, dans les Deux-Sèvres.

Le Château et ses colporteurs

« Je me souviens de la première fois que je suis venu, j’étais de ce côté-là, et j’avais la vue sur tout ce bâtiment, je me suis dit qu’il y avait un tas de choses à faire sur ce lieu… » David, bricolo de la bande.

David, il a la tête et les mains. Il a les mains pour fabriquer, transformer, bricoler, se débrouiller, et la tête pour prévoir, organiser, encadrer des chantiers participatifs avec des adultes ou des enfants issus de tous horizons (simples bénévoles ou usagers de SESSAD, de CER, de CMP, de Mission Locale, etc.), le tout en transmettant sa passion des matériaux et de leur transformation avec pédagogie et plaisir.

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Et il n’a franchement pas tort. La cour du Château nous donne l’impression d’être sur la place d’un village. Un bar à droite, un jardin en face, le puits au milieu, la miellerie et les ateliers bois et métaux à gauche, on s’y croit !! Et le panorama se complète si on lève les yeux, qu’on voit les tours traditionnelles des châteaux médiévaux et leurs remparts… Le tout rénové avec uniquement des matériaux écologiques et de récupération.

« Je pense que notre grande réussite, c’est le lieu. Et le fait qu’il était à rafraichir. Parce que quand on travaille sur sa rénovation, on met un enduit ou autres, on s’y attache un peu, on s’y sent bien. Et je pense que c’est entre autres ce qui fait revenir les gens » Mattieu, co-fondateur.

Mattieu, il est comme chez lui ici. Dix ans qu’il est là. Avec son ami Fred, ils avaient un rêve de potes, de copains, ils voulaient créer un lieu où il serait possible de réaliser ses rêves. Leurs rêves, ou ceux des autres, peu importe, mais que des rêves se réalisent… Ce n’était pas une idée en l’air ! Parce que lorsqu’ils sont entrés ici, ce qu’ils ont découvert ne se raconte pas, ça se vit. Demandez-lui de vous le faire vivre, on boit ses paroles !

Il y a aussi Lolita qui nous donne l’impression d’avoir connu Radulphe personnellement lorsqu’elle nous raconte son histoire, Chloé l’enfant du pays au grand sourire, comme un poisson dans l’eau avec son équipe de jeunes argentonnais, un Conseil d’Administration de 19 personnes bénévoles (composé pour part d’anciens services civiques, dont un ancien usager des chantiers avec la Mission Locale) et les quelques 70 bénévoles qui les entourent ! Et quand la famille au grand complet est réunie, avec les bénévoles plus ponctuels et les adhérents compris, ce sont 200 colporteurs qui se mobilisent toute l’année pour faire vivre ce Château.

L’ennui ? Le quoi ?

Toutes les activités menées par l’association La Colporteuse, occupante du Château depuis 10 ans, sont pensées comme des pièges à ennui, afin que plus jamais Radulphe ne s’ennuie…

Une miellerie associative avec une ruche pédagogique occupe une partie des bâtiments, pour d’une part animer des ateliers de découverte de l’apiculture, et d’autre part essayer d’obtenir une production de miel suffisamment conséquente pour la vendre.

Une ludothèque prend place aussi au Château avec des jeux de société à utiliser sur place ou à emprunter.

Cœur du village, ou de tout lieu de vie qui se respecte : le bar.

Le bar associatif « Le ptit potin » au style chaleureux, à l’ancienne et bonne franquette tient même sa ginguette (La Guinchouette) le temps de l’été.

Les chantiers participatifs peuvent prendre plusieurs formes. Il y a les chantiers de bénévoles où tout le monde vient donner la main pour préparer l’organisation d’un évènement ou pour du rangement, etc. Il y a aussi les chantiers réguliers avec par exemple le CMP qui vient une demi-journée par semaine, la Mission locale ou un SESSAD une demi-journée toutes les deux semaines, pour entretenir le jardin, ou bricoler de nouveaux aménagements dans la cour. Et enfin, il y a des chantiers plus ponctuels mais plus longs (de 3 jours à une semaine) pour les centres de loisirs, les établissements scolaires, CER, ou toute autre structure accueillant enfants ou adultes, désireuse de leur faire passer quelques jours d’éveil et de découverte.
(CER : Centre Educatif Renforcé / CMP : Centre Médico-Psychologique / SESSAD : Service d’Education Spéciale et de Soins A Domicile)

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Les « Animations Nature » se proposent de prendre à bras le corps l’environnement naturel dans lequel se trouve le Château, à commencer par ses douves classées « Espace Naturel Sensible » par le Conseil Départemental des Deux-Sèvres depuis 2013. Ces animations permettent d’apprendre et de découvrir les fleurs, les arbres, les insectes, et bien plus encore…

Les ateliers des colporteurs sont proposés et menés par les colporteurs. Comme « L’œnologie », le « Rucher Ecole » ou « Ma santé me soigner », qui sont des rendez-vous réguliers où les adhérents viennent échanger et partager leurs savoirs.

Des événements ponctuels comme un concours international de soupe, des festivals, ou des partenariats ponctuels pour le lieu viennent compléter cette activité foisonnante.

Un ancrage territorial, la clé pour fédérer

Forts de leurs expériences professionnelles passées, de leurs réseaux et de leurs connaissances, les salariés et les bénévoles du lieu ont pu tisser un réseau d’acteurs locaux aussi large que diversifié. Ainsi, les liens vont des producteurs locaux, au lieu de vie pour personnes en situation de handicap voisin (La SEPAYE), en passant par la municipalité, l’épicerie associative du village d’à côté (la Moutierette), et surtout une grande partie des associations locales.

L’ancrage territorial est aujourd’hui une force de la structure, mais une force qui a dû être construite petit à petit. En effet, la ruralité a eu ses qualités et ses défauts. Une offre culturelle et associative moins foisonnante qu’en milieu urbain donc une population plus réceptive à l’annonce d’une soirée concert, ou d’ateliers chantiers. En même temps, le conservatisme du territoire n’a pas poussé outre mesure une partie de la population à s’intéresser « à un groupe de jeunes chevelus et barbus qui faisaient des trucs en caravane de toutes les couleurs » comme nous disait Mattieu. Les préjugés ont la vie dure.

Aujourd’hui, l’association compte quatre salariés et bénéficie d’une reconnaissance dans le bassin géographique qui lui permet de prendre avec un peu plus de recul les difficultés au moment de l’émergence du projet. Son action est même en train de faire office de centrifugeuse dans la proche région, entraînant dans son sillage des associations plus petites, ou en développement.

Une activité itinérante : quand La Colporteuse se déplace en caravaneS !

La Colporteuse cultive une dynamique d’ouverture sur l’extérieur qu’elle met directement en pratique avec ses caravanes : « Le Bobard » est un bar itinérant, « La mijoteuse » un restaurant, « La bricoleuse » une grande caisse à outils, et la « KKravane » des toilettes sèches !

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Conscients du fait de se situer à 3 kilomètres du bourg, ces petites caravanes leur permettent d’aller au plus près des habitants sur les six petites communes constituant l’Argentonnay. Les familles ne pouvant se déplacer ont ainsi accès à quelques-unes des activités de la Colporteuse pendant que ceux qui ne la connaissent pas encore prennent connaissance de son offre.

40% d’autofinancement

Ces caravanes peuvent également constituer une source de revenus. Il peut arriver que des collectivités territoriales ou des structures associatives sollicitent l’utilisation de ces caravanes, sur facture.

« On est à 60% d’argent public, 40% d’autofinancement. L’objectif à moyen terme c’est d’inverser la tendance » Mattieu, co-fondateur, le coordinateur.

Les nombreux chantiers constituent également une source de revenus non négligeable. Les chantiers internationaux de jeunes furent d’ailleurs une des premières rentrées d’argent ne venant pas de l’argent public. A ce titre, l’adhésion dès les premières années à l’union d’associations locales « REMPART », qui centralise l’ensemble des chantiers participatifs en France, fut l’une des initiatives les plus déterminantes dans le développement de l’action des colporteurs.

Cette volonté d’être le plus autonome possible financièrement vis à vis des institutions publiques fait échos à la fois aux souhaits des deux instigateurs du lieu qui se rêvaient sans financement public, et à l’émergence de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) qui rend possible cette perspective.

De l’apprentissage, de la fougue, de l’énergie, de la douceur, du rythme, de l’organisation, de l’imaginaire, du sérieux, du rêve, de la volonté, de la fête, du travail, de la besogne, de l’inventif, … Nos colporteurs ont eu besoin d’ AU MOINS tous ces ingrédients pour créer cette ambiance au sein du Château de Sanzay, qui a permis à Radulphe de ne plus jamais s’ennuyer. Et c’est en rajoutant une dose de partage et de convivialité que les pièges à ennui ont pu fonctionner sur petits et grands de plus en plus nombreux au sein du Bocage Argentonnais.

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Pour les contacter :
www.lacolporteuse.net
contact@lacolporteuse.net
05 49 65 22 53